Niger : tiani finalise la souveraineté sur l’uranium face à orano
Le Niger franchit une étape historique dans la maîtrise de ses ressources naturelles. Lors d’une séance du Conseil des ministres en mai 2026, le gouvernement, dirigé par le général Abdourahamane Tiani, a acté la création d’une entreprise publique dédiée à l’exploitation de l’uranium. Parallèlement, la concession minière d’Orano sur le site d’Arlit a été officiellement annulée. Cette décision concrétise la fin d’une collaboration de plus de cinquante ans entre le Niger et le groupe français dans le secteur uranifère.
La nouvelle structure, intitulée Teloua Safeguarding Uranium Mining Company (TSUMCO SA), récupère l’ensemble des actifs de la Société des Mines de l’Aïr (SOMAÏR SA), nationalisée en 2025. Le site d’Arlit, l’un des plus vastes gisements d’uranium au monde, abrite des réserves estimées à 200 000 tonnes selon les dernières données disponibles.
Une transition progressive depuis 2023
Cette prise de contrôle ne relève pas d’un revirement brutal. Dès juillet 2023, les autorités nigériennes ont engagé une stratégie en plusieurs phases : retrait du permis d’exploitation en 2024, nationalisation de SOMAÏR en 2025, puis la mise en place d’une entité étatique en 2026. Le choix du nom Teloua — en hommage à la nappe phréatique située sous l’ancienne mine COMINAK — symbolise cette volonté de rupture avec le passé. Le gouvernement nigérien reproche à Orano d’avoir négligé la gestion des déchets radioactifs accumulés depuis les années 1970, mettant en péril les populations et l’environnement local.
Orano contre-attaque, les exportations suspendues
Le groupe français, contrôlé à plus de 90 % par l’État français, a lancé plusieurs recours devant des instances arbitrales internationales. Un tribunal a déjà ordonné au Niger de suspendre la commercialisation de l’uranium extrait de SOMAÏR, dont les stocks s’élèveraient à environ 1 300 tonnes de concentré, représentant une valeur estimée à 250 millions d’euros selon Orano. Le ministre nigérien des Mines, Ousmane Abarchi, dénonce des « procédures abusives » visant à étouffer la souveraineté énergétique du pays.
Le sort de ce contentieux déterminera la capacité de TSUMCO SA à vendre sa production sur les marchés internationaux. Aucune date butoir n’a encore été dévoilée concernant la résolution de ce litige.