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Niger : le général Tiani, une décision fatale qui a tout fait basculer au palais

Le tournant est brutal, et il a tout changé. Trois ans après avoir renversé le pouvoir civil, le général Abdourahamane Tiani mesure aujourd’hui l’ampleur d’une décision qui devait le protéger et qui, au contraire, a précipité sa chute intérieure. Le voilà désormais enfermé dans un palais où chaque bruit suspect résonne comme une menace. L’homme qui rêvait de diriger le Niger doit surtout survivre à ceux qui l’ont porté au pouvoir.

Un palais sous tension à Niamey

L’atmosphère au palais présidentiel de Niamey n’a plus rien de celle des premiers jours de la junte. Ce qui devait être un centre de commandement est devenu un espace clos, saturé de méfiance. Le général Tiani, autrefois chef discret de la garde présidentielle, se retrouve aujourd’hui à la tête d’un pays qu’il ne contrôle plus vraiment.

Les grandes déclarations sur la souveraineté et l’indépendance du Niger semblent loin. Sur le terrain, le pouvoir est fragilisé par une réalité que personne n’ose nommer ouvertement : la peur d’un soulèvement venu de l’intérieur de l’armée.

Le général Tiani rattrapé par les armes qu’il a utilisées

Arrivé au pouvoir par un coup d’État en 2023, le général Tiani connaît mieux que quiconque les rouages d’une prise de contrôle militaire. Il sait que le danger ne vient plus des frontières ni des groupes armés, mais de ses propres soldats. Cette lucidité est devenue son pire fardeau.

La nuit du 28 au 29 août 2026 : le basculement

Tout a changé en une seule nuit. Des soldats révoltés, issus de plusieurs garnisons, ont attaqué la base aérienne et se sont approchés dangereusement du palais présidentiel. Le général Tiani n’a dû son salut qu’à l’intervention rapide des mercenaires russes d’Africa Corps.

Depuis cet épisode, il vit dans une peur permanente d’être assassiné. Ses déplacements sont annulés, ses apparitions publiques se raréfient et il reste enfermé dans un bunker, entouré de gardes étrangers et d’une poignée de soldats en qui il a encore confiance.

Le renvoi du général Barmou : une décision qui se retourne contre lui

Pour tenter de reprendre la main, le général Tiani a pris une décision lourde de conséquences en septembre 2026 : écarter le général Moussa Salaou Barmou, chef d’état-major des armées et figure centrale du coup d’État de 2023. Barmou a ensuite été placé en résidence surveillée.

Mais cette mise à l’écart a provoqué l’effet inverse. Le général Barmou jouit d’une forte popularité auprès des troupes d’élite. Son éviction a été perçue comme une trahison dans les casernes. Plusieurs sources indiquent que des officiers ont adressé de véritables ultimatums au pouvoir, exigeant l’arrêt des arrestations dans l’armée et menaçant de se soulever massivement si la chasse aux sorcières se poursuivait.

Un chef d’État prisonnier de sa propre armée

La situation est d’autant plus ironique que le général Tiani maîtrise parfaitement les mécanismes d’un coup d’État. Il sait que renverser un président civil en 2023 était une chose, mais que diriger le Niger sous la menace constante d’un tir fratrie en est une autre. Aujourd’hui, il ne cherche plus vraiment à gouverner : il tente avant tout de rester en vie.

Le tournant est là. Ce qui devait être une prise de pouvoir décisive s’est transformé en un piège dont le général Tiani ne semble plus pouvoir sortir.