Niger : le général Barmou, artisan du pouvoir devenu cible des purges

Le général de division Moussa Salaou Barmou, figure centrale de la junte au pouvoir à Niamey, est désormais sous résidence surveillée. Limogé de son poste de chef d’état-major général des Forces armées nigériennes le 11 septembre 2026, il paie le prix d’une suspicion de lien avec la mutinerie avortée des 28 et 29 août à la Base aérienne 101. Un retournement brutal pour l’un des architectes du coup d’État de juillet 2023.
Une ascension brisée au sommet de l’armée
Moussa Salaou Barmou a longtemps personnifié la puissance des forces spéciales nigériennes et la solidité du pouvoir militaire issu du renversement de Mohamed Bazoum. Son rôle dans la prise de contrôle de juillet 2023 en avait fait un pilier incontesté de la junte. Mais les remous provoqués par les événements de la Base aérienne 101 ont fissuré cette apparente unité.
Soupçonné d’être lié au mouvement d’insubordination, sans que son implication directe soit officiellement confirmée, le général Barmou a été écarté par décret présidentiel. Le général d’armée Abdourahamane Tiani a immédiatement nommé le général de brigade Mamane Sani Kiaou, jusqu’alors chef de l’armée de terre, à la tête de l’état-major général.
Un verrouillage accru du pouvoir
Pour de nombreux analystes, cette mise à l’écart sous haute surveillance constitue une nouvelle étape dans le durcissement du régime. La gestion de la crise d’août, appuyée sur le terrain par des éléments de la formation russe Africa Corps, a révélé des fractures profondes au sein de l’appareil sécuritaire nigérien.
En neutralisant l’un des officiers les plus influents du pays, la junte adresse un avertissement clair à toute la hiérarchie militaire : aucune contestation interne ne sera tolérée et la moindre suspicion de déloyauté sera sanctionnée avec la plus grande fermeté.
Le piège de la suspicion
Dans la capitale, les réactions oscillent entre rumeurs de démenti et constat d’une crise de confiance généralisée. Pour les détracteurs du régime, cette trajectoire illustre le piège inhérent aux gouvernements d’exception : nés dans la force, ils finissent souvent rongés par la méfiance envers leurs propres artisans.
En se retournant contre ses compagnons de la première heure, le pouvoir de Niamey démontre la fragilité des alliances fondées sur la rupture constitutionnelle. L’éviction du général Barmou rappelle que dans l’engrenage des régimes militaires, la loyauté d’hier ne garantit jamais la sécurité de demain.