Niger : arrestation choc d’un militant opposant à la junte militaire
Nassirou Bodo a été écroué à la maison d’arrêt de Niamey après sa présentation devant le parquet, a révélé un média nigérien en ligne mercredi soir.
Kaka Touda, une personnalité influente de la société civile, a confirmé cette incarcération sur les réseaux sociaux, sans préciser les raisons exactes de cette détention, qui fait suite à une garde à vue prolongée dans les locaux de la police nationale.
Le quotidien indépendant L’Enquêteur a indiqué jeudi que l’activiste, connu pour ses prises de position contre le pouvoir en place, était poursuivi pour « diffusion de fausses informations susceptible de perturber l’ordre public ».
Quelques jours plus tôt, Nassirou Bodo avait lancé un appel public sur Facebook invitant les citoyens à organiser des mouvements de contestation contre ce qu’il qualifie de « violences systématiques perpétrées par l’État contre les populations », pour une durée d’un an, renouvelable à partir du 1er juin.
Parmi les exemples cités figuraient l’insécurité grandissante dans plusieurs zones du pays ainsi que les expulsions forcées et controversées de riverains de la zone aéroportuaire de Niamey, site ciblé par une attaque terroriste revendiquée par l’État islamique au Sahel le 29 janvier dernier.
Les autorités justifient ces opérations de déguerpissement en invoquant la nécessité de sécuriser la capitale face à la menace terroriste, affirmant que les constructions illégales exposent les habitants à des risques accrus.
Le Niger traverse une période de tensions majeures depuis le coup d’État militaire de juillet 2023. Depuis cette date, plusieurs journalistes et membres de la société civile ont été placés en détention, certains condamnés pour des charges liées à la diffamation, à la compromission de la sécurité nationale ou à l’atteinte à l’autorité de l’État.
Les Nations Unies ont dénombré 13 arrestations de journalistes en 2025 dans le pays. Après des mois d’emprisonnement, trois d’entre eux, dont un correspondant de la Deutsche Welle, ont recouvré la liberté début mai.
Pourtant, cinq professionnels des médias restent derrière les barreaux, selon les associations locales de défense de la liberté de la presse.
Moussa Tchangari, une figure emblématique de l’opposition et critique acerbe de la junte, est incarcéré depuis décembre 2024 sous les chefs d’accusation d’incitation au terrorisme et de menace contre la sûreté de l’État.