Niamey : démolitions pour sécuriser l’aéroport face aux jihadistes au Niger
Des habitants de Niamey démontent eux-mêmes leurs maisons avant les destructions
Dans le quartier Kobontafa, situé à quelques encablures de l’aéroport international de Niamey, les résidents s’affairent à récupérer les éléments de leurs habitations avant l’échéance. Fenêtres, portes et toitures sont arrachées dans l’urgence, alors que les autorités nigériennes ont enclenché une opération d’envergure contre les constructions jugées illégales dans la zone aéroportuaire.
Une mesure de sécurité consécutive à une attaque jihadiste
Cette initiative s’inscrit dans un renforcement global des dispositifs de sécurité après l’assaut perpétré fin janvier contre l’aéroport international Diori Hamani et une base militaire abritant des drones. Les autorités locales estiment que les assaillants ont profité des quartiers informels adjacents pour s’infiltrer sur le site stratégique.
Près de 26 000 personnes impactées par les démolitions
Selon les données officielles, environ 26 000 individus vivant dans quatre quartiers non autorisés sont concernés par cette campagne. Ces zones, qui empiètent sur le périmètre aéroportuaire, sont perçues comme une faille majeure en matière de sûreté nationale.
Le Niger en proie à l’insécurité jihadiste
Le pays subit depuis plusieurs années les assauts répétés de groupes armés liés à Al-Qaïda et à l’État islamique, notamment dans les régions frontalières et jusqu’aux abords de la capitale. L’attaque de janvier, revendiquée par l’État islamique au Sahel (EIS), a été repoussée par les forces nigériennes avec le soutien de partenaires internationaux. Bilan : vingt terroristes tués et quatre militaires nigériens blessés, en plus de dégâts matériels sur les infrastructures ciblées.
Un aveu de faiblesse sécuritaire reconnu par les plus hautes autorités
Quelques semaines après l’attaque, le général Abdourahamane Tiani, président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie, avait reconnu une défaillance dans le système de protection. Il avait précisé que les assaillants visaient à neutraliser les capacités aériennes de l’armée nigérienne.
Un périmètre oriental particulièrement ciblé
Le colonel Amadou Abdramane, ministre des Transports et de l’Aviation civile, a indiqué que les démolitions se concentrent en priorité sur la partie orientale de l’aéroport. Cette zone, occupée illégalement, avait servi de point d’entrée aux intrus lors de l’attaque.
Un risque d’infiltration accru selon le ministre de l’Intérieur
Le général Mohamed Toumba, ministre de l’Intérieur, a mis en garde contre les dangers liés au maintien de ces quartiers non réglementaires. Il a alerté sur le risque de nouvelles infiltrations et sur la possible dégradation du statut international de l’aéroport en cas de non-respect des normes de sécurité.
Des indemnisations promises aux habitants affectés
Les autorités nigériennes ont assuré que les personnes touchées par les destructions pourraient prétendre à une compensation, sous réserve de s’inscrire au recensement organisé par l’État.
Renforcement des mesures de protection autour de l’aéroport
En complément des démolitions, plusieurs dispositifs sécuritaires ont été déployés : extension de la clôture périphérique et installation de plus de 350 caméras de surveillance, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du site.
Campagnes de sensibilisation à l’échelle nationale
Sur l’ensemble du territoire, les autorités multiplient les initiatives pour encourager la population à signaler toute activité suspecte aux forces de l’ordre via des lignes d’urgence dédiées.