Mobilisation internationale pour la défense de la liberté de la presse au Mali et au Burkina Faso

Sous l’impulsion de Reporters sans frontières (RSF), un collectif regroupant près de trente médias et organisations de défense des droits humains a adressé une lettre ouverte aux autorités du Mali et du Burkina Faso. Cet appel, également transmis aux institutions régionales et internationales, exige l’arrêt immédiat des pressions exercées sur les professionnels de l’information.

Le collectif dénonce une recrudescence des intimidations visant tant les journalistes locaux que les correspondants étrangers. Il exhorte les gouvernements de transition à honorer leurs engagements internationaux, notamment en vertu de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, afin de garantir un environnement de travail sécurisé pour la presse.

Une dégradation alarmante du paysage médiatique au Sahel

La situation est devenue critique pour la liberté d’expression dans cette région. Au Burkina Faso, le climat s’est durci avec la suspension de médias internationaux tels que RFI et France 24, ainsi que l’expulsion de journalistes travaillant pour Libération et Le Monde. Ces mesures restrictives privent les citoyens de leur droit fondamental à une information plurielle.

Au Mali, les atteintes se multiplient également. On note des incidents graves comme le saccage de la Maison de la presse à Bamako ou l’arrestation de figures publiques et de journalistes. Parmi les faits marquants, l’incarcération de Mohamed Youssouf Bathily (dit Ras Bath) et de Rokia Doumbia, ainsi que l’enlèvement temporaire du journaliste Aliou Touré par des individus armés, illustrent la précarité du secteur.

Le classement mondial de la liberté de la presse 2023 confirme cette tendance négative : le Burkina Faso se situe désormais au 58e rang, tandis que le Mali chute à la 113e place sur 180 pays évalués.

Le terrorisme comme prétexte à la censure

Si les organisations signataires reconnaissent la complexité sécuritaire liée à la lutte contre le terrorisme, elles insistent sur le fait que ce contexte ne doit pas servir de justification pour museler la presse. Au contraire, la protection des voix indépendantes est jugée primordiale en période de crise. Des acteurs influents sur les réseaux sociaux, souvent favorables aux régimes en place, participent à cette hostilité en relayant des menaces de mort et des campagnes de désinformation.

Face à ce constat, les signataires demandent :

  • La fin des mesures restrictives contre les médias nationaux et internationaux.
  • Une protection accrue des journalistes par les forces de sécurité.
  • L’ouverture d’enquêtes indépendantes sur les agressions et harcèlements subis par les professionnels.
  • Le respect strict des traités internationaux relatifs aux libertés civiles.

Liste des organisations et médias signataires

  • AfrikaJom Center
  • Association des Journalistes du Burkina Faso (AJB)
  • Association des Professionnels de la Presse en Ligne (APPEL Sénégal)
  • Cellule Norbert Zongo pour le Journalisme d’Investigation (CENOZO)
  • Centre National de la Presse Norbert Zongo (CNP-NZ Burkina Faso)
  • Courrier confidentiel (Burkina Faso)
  • Fédération des Journalistes Africains (FAJ)
  • Fédération Internationale des Journalistes (FIJ)
  • Fédération Internationale pour les Droits de l’Homme (FIDH)
  • France 24 (France)
  • Fondation des médias pour l’Afrique de l’Ouest (MFWA)
  • Human Rights Watch (HRW)
  • International Press Institute (IPI)
  • Jeune Afrique (France)
  • Joliba TV News (Mali)
  • Le Pays (Burkina Faso)
  • Le Monde (France)
  • Lefaso.net (Burkina Faso)
  • Le Reporter (Burkina Faso)
  • L’Événement (Burkina Faso)
  • Libération (France)
  • L’Observateur Paalga (Burkina Faso)
  • Radio France Internationale (France)
  • Reporters sans frontières (RSF)
  • Société des Editeurs de la Presse Privée du Burkina Faso (SEP)
  • Omega Médias (Burkina Faso)
  • Union Internationale de la Presse Francophone (UPF)
  • Union des Journalistes d’Afrique de l’Ouest (UJAO)
  • 24heures.bf (Burkina Faso)
  • Wakat Sera (Burkina Faso)