Mgr Fulgence Muteba : pourquoi le référendum divise en rdc
Mgr Fulgence Muteba, président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco).

Dans un contexte où les tensions politiques et sécuritaires secouent la République démocratique du Congo, la question d’un référendum constitutionnel cristallise les débats. Mgr Fulgence Muteba, à la tête de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), a exprimé une position claire : organiser un tel scrutin dans ces conditions serait une erreur stratégique.

Un projet de réforme constitutionnelle controversé

Le projet de modification de la Constitution, évoqué par certains acteurs politiques, vise notamment à adapter le texte fondamental aux enjeux actuels. Pourtant, pour Mgr Muteba, cette initiative intervient à un moment particulièrement inopportun. « Le pays traverse une crise majeure, marquée par des conflits armés persistants et une instabilité chronique. Dans ces circonstances, un référendum ne peut que raviver les tensions et fragiliser davantage la cohésion nationale », explique-t-il.

La Cenco, en tant qu’institution morale et sociale, joue un rôle clé dans le dialogue entre les différentes composantes de la société congolaise. Son président souligne que toute réforme constitutionnelle doit être précédée d’un climat de paix et de sérénité, indispensable pour garantir un débat transparent et apaisé.

La Cenco alerte sur les risques d’une polarisation accrue

Les craintes exprimées par Mgr Muteba ne sont pas isolées. De nombreuses voix au sein de la société civile et parmi les partenaires internationaux s’interrogent sur la pertinence d’un tel scrutin en période de guerre. La Cenco, qui a toujours prôné le dialogue comme solution aux crises politiques, met en garde contre les conséquences d’un référendum perçu comme un outil de division.

Selon les observateurs, l’organisation d’un référendum dans l’actuel contexte pourrait exacerber les clivages ethniques et régionaux, déjà exacerbés par des décennies de conflits. « Une telle démarche risquerait de légitimer des ambitions politiques au détriment de l’intérêt général », ajoute-t-il.

Un appel à la prudence et au dialogue

Face à ces défis, Mgr Muteba plaide pour une approche alternative : le report sine die du référendum, afin de permettre aux autorités de se concentrer sur la résolution des crises sécuritaires et humanitaires. Il insiste également sur la nécessité d’un dialogue inclusif, associant tous les acteurs politiques et sociaux, pour bâtir un consensus durable.

La position de la Cenco s’inscrit dans une logique de préservation de la paix et de l’unité nationale. « La stabilité de la RDC est une priorité absolue. Plutôt que de précipiter des réformes constitutionnelles, il est urgent de rétablir la sécurité et de restaurer la confiance entre les communautés », martèle-t-il.

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