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Mali : le tournant décisif d’Africa Corps après 358 soldats russes tombés en trois ans

Un cap symbolique franchi dans la guerre du Sahel

Le conflit au Mali vient de basculer dans une nouvelle ère. Avec au moins 358 soldats russes tués en trois ans, le contingent paramilitaire déployé sous la bannière Africa Corps – autrefois Wagner – impose une rupture brutale dans le discours officiel sur la reconquête sécuritaire. Ce chiffre, compilé par des observateurs indépendants et des fuites recoupées, marque un tournant stratégique majeur pour la junte malienne et Moscou.

Une escalade sanglante déclenchée par Sévaré et Dioura

L’embuscade de Tinzawatène en juillet 2024, qui avait déjà coûté la vie à plus de 80 combattants russes, n’était qu’un prélude. Les récentes attaques coordonnées contre les garnisons de Sévaré et Dioura ont porté un coup décisif au dispositif conjoint FAMA / Africa Corps. Face à des groupes armés maîtrisant parfaitement le terrain et équipés de drones de reconnaissance et de frappe, les troupes russes subissent une attrition sans précédent.

Un ratio de pertes qui interpelle

La comparaison avec l’engagement français est édifiante :

  • Opérations Serval et Barkhane (2013-2022) : environ 59 soldats tués en près de dix ans.
  • Africa Corps / Wagner (2021-2026) : environ 358 combattants tués en seulement trois ans au Mali.

Cette différence s’explique par des doctrines opposées. Là où les forces occidentales misaient sur l’appui aérien et le renseignement, les mercenaires russes sont projetés en première ligne dans des zones minées et propices aux embuscades.

Conséquences pour la junte et Moscou

Ce coût humain exorbitant, couplé à une facture financière estimée à plusieurs centaines de milliards de FCFA, ébranle la crédibilité du modèle sécuritaire importé. Dans les casernes comme dans la population, des voix s’élèvent pour interroger la pérennité d’une telle stratégie. Alors que la transition militaire promettait une pacification rapide, l’enlisement dans une guerre d’usure dont le prix ne cesse de grimper remet en cause les fondements mêmes de l’alliance avec Moscou.