Mali : face à la famine et aux blocus, Bamako exclut tout dialogue avec les groupes armés

Devant les représentants diplomatiques en poste dans le pays, le ministre malien des Affaires étrangères a tenu à répondre fermement aux appels d’une partie de la classe politique prônant l’ouverture de discussions avec les insurgés. Abdoulaye Diop a ainsi précisé que les autorités de transition n’envisagent aucune négociation avec les groupes armés terroristes, qu’il qualifie de responsables des drames vécus par les populations civiles.

La stratégie actuelle du Mali repose exclusivement sur une réponse militaire. Selon diverses sources, le pays a récemment renforcé son arsenal grâce à de nouvelles livraisons de matériel militaire en provenance de Russie. Cette montée en puissance vise notamment à reprendre le contrôle de zones stratégiques.

Dans le nord, l’objectif majeur demeure la ville de Kidal, actuellement sous le contrôle de groupes armés. Les forces maliennes et les instructeurs russes ont d’ailleurs consolidé leur présence à Aguelok, après avoir quitté deux autres localités de la même région. Parallèlement, dans le sud, l’armée tente de briser les blocus imposés par les djihadistes sur plusieurs axes routiers, où des centaines de passagers et de marchandises se retrouvent immobilisés.

Une détresse humanitaire grandissante dans les zones isolées

La situation est particulièrement préoccupante dans le centre du pays, notamment à Diafarabé, dans la région de Mopti. Cette localité subit un blocus sévère imposé par le Jnim depuis le mois de mai 2025. Malgré les appels au secours relayés par les habitants sur les plateformes numériques, l’aide tarde à arriver.

Le manque de nourriture et de produits médicaux atteint un niveau alarmant. Les témoignages recueillis font état d’un épuisement total de la population. Un habitant décrit un isolement complet : « Personne ne peut entrer ou sortir. Les réserves sont vides et la famine s’installe progressivement. »

Bien que des échanges aient eu lieu avec les forces militaires locales, qui ont promis l’envoi prochain de convois de ravitaillement suite à des mouvements de protestation, les civils attendent toujours. Dans ce contexte de survie extrême, l’accès à la nourriture est devenu l’unique priorité de ces populations prises au piège, qui vivent entre la peur des violences et le désespoir de l’isolement.