Mali : des exactions contre les civils imputées à l’armée, aux jihadistes et aux rebelles

Mali : des exactions contre les civils imputées à l’armée, aux jihadistes et aux rebelles

Un nouveau rapport de l’ONG Human Rights Watch (HRW) épingle sévèrement les forces en présence au Mali. Les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), les rebelles touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA), l’armée malienne et les supplétifs russes d’Africa Corps sont accusés d’avoir commis de graves abus contre des civils depuis l’intensification des combats déclenchée par les attaques coordonnées des 25 et 26 avril.

Selon l’organisation de défense des droits humains, toutes les parties ont attaqué illégalement des civils, tandis que certaines ont également détruit et pillé leurs maisons et leurs commerces. Les affrontements qui ont suivi l’offensive conjointe du JNIM et du FLA contre plusieurs positions de la junte ont fait au moins 13 morts et 25 blessés parmi les civils à Gao et Kidal.

Un habitant de Kidal, âgé de 38 ans, témoigne avoir été blessé lors des combats : « J’ai été touché par des balles à l’épaule droite et à la cuisse gauche, sans pouvoir identifier l’origine des tirs, car les coups de feu venaient de toutes les directions. »

Exécutions, frappes et destructions massives

HRW accuse également le JNIM d’avoir incendié plus de 40 véhicules civils entre le 6 et le 21 mai sur les axes menant à Bamako et d’avoir exécuté publiquement un homme dans la ville de Tonka. « Nous avons récupéré son corps avec une balle dans la tête », raconte un habitant interrogé par l’ONG.

L’armée malienne est mise en cause pour avoir tué 38 civils, dont 23 enfants, lors d’opérations menées contre des communautés peules dans le centre du pays. Deux frappes de drones présumées à Guimbé et Tené sont également évoquées. « J’ai entendu un bruit venant du ciel puis une explosion. Nous avons constaté que les dégâts étaient énormes, avec des morts et des blessés », explique un habitant de Tené.

Pour étayer ses accusations, HRW indique avoir réalisé 34 entretiens à distance, analysé des images satellites, des vidéos et des photographies. L’ONG affirme avoir sollicité les autorités maliennes sans obtenir de réponse. De son côté, le JNIM a déclaré qu’« il ne peut y avoir de guerre sans coûts humains », tandis que le FLA assure avoir « pris suffisamment de mesures pour que les civils ne soient pas des victimes collatérales des combats ».