L’épidémie d’Ebola en RDC : l’Ituri, épicentre d’une crise sanitaire persistante
L’enterrement d’un patient atteint d’Ebola

La République démocratique du Congo fait face à une recrudescence préoccupante de l’épidémie de maladie à virus Ebola de souche Bundibugyo dans ses régions orientales. Le récent bulletin épidémiologique de l’Institut national de santé publique (INSP) révèle un bilan alarmant de 550 cas confirmés et 101 décès, répartis entre les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Au 6 juin, les dernières actualisations indiquaient 27 nouvelles contaminations confirmées en une seule journée, signe d’une transmission virale persistante dans diverses localités. Actuellement, 283 individus atteints sont sous observation médicale ou en isolement.

Le taux de létalité global, basé sur 91 décès parmi les cas confirmés, s’élève à 17,7 %, selon les autorités sanitaires qui précisent que certaines données sont encore en phase d’ajustement.

L’Ituri, au cœur de la crise

L’examen cartographique de la propagation du virus confirme que la province de l’Ituri demeure l’épicentre de cette urgence sanitaire. Dix-sept des vingt-cinq zones de santé touchées par l’épidémie se situent dans cette province, représentant près de la moitié de ses 36 zones de santé.

Parmi les zones spécifiquement atteintes, on dénombre Aru, Aungba, Bambu, Bunia, Damas, Gety, Kilo, Komanda, Lita, Logo, Mambasa, Mangala, Mongbwalu, Nizi, Nyankunde, Rimba et Rwampara.

Cette vaste extension géographique souligne la circulation continue du virus dans divers territoires ituriens, et ce, malgré les actions intensives de surveillance et de sensibilisation menées par les équipes d’intervention.

Propagation au Nord-Kivu et au Sud-Kivu

Au-delà de l’Ituri, les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu signalent également des cas. La zone de santé de Katwa est particulièrement touchée avec 11 cas confirmés et 8 décès. Viennent ensuite Beni (5 cas confirmés, 3 décès), Butembo (4 cas confirmés, 2 décès), Miti-Murhesa (3 cas confirmés, 1 décès), Oïcha (2 cas confirmés, 2 décès), Kalunguta (1 cas confirmé, 1 décès), Kyondo (1 cas confirmé, aucun décès) et Goma (1 cas confirmé, aucun décès).

Malgré cette progression, les professionnels de la santé enregistrent des succès notables. Trois patients, précédemment confirmés, ont été déclarés guéris et ont pu quitter les centres de traitement : deux à Bunia et un dans la zone de santé de Katwa.

L’INSP souligne la poursuite des efforts d’intervention dans toutes les zones affectées, en mettant un accent renouvelé sur la prévention des infections en milieu hospitalier, le traçage des contacts et l’éducation des communautés.

Pour les autorités sanitaires, l’interruption des chaînes de transmission dans les semaines à venir dépendra crucialement du renforcement de la confiance des populations, de la détection rapide des nouveaux cas et du strict respect des protocoles de prévention.