L’enracinement du M23 dans l’est de la RDC : les préoccupations de Joshua Walker
- Sécurité
- Mardi 7 juillet 2026 – 08:18
Lors d’une récente entrevue menée par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, le chercheur Joshua Z. Walker a partagé ses réflexions sur l’évolution du processus de paix entre la République Démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda. Cet expert, Associate Fellow au programme Afrique de Chatham House et Senior Fellow au Center on International Cooperation de l’université de New York (NYU), a exprimé une analyse nuancée, teintée d’une vive inquiétude quant à la situation dans l’est de la RDC.
Interrogé sur les possibles répercussions d’une lassitude de Washington face à l’enlisement des négociations, Joshua Walker a d’abord insisté sur sa posture non-prophétique. Il a néanmoins présenté deux scénarios plausibles. Le premier envisagerait un retour à la situation observée avant l’implication significative des États-Unis en 2025. Le second, et le plus préoccupant selon lui, serait une simple prolongation de l’impasse actuelle.
C’est cette perspective d’un statu quo prolongé qui alarme le plus le chercheur. « Je dis souvent que même s’il n’y a pas de retrait du M23, chaque jour qui passe que le M23 continue d’occuper certaines parties de l’est du Congo, ils s’enracinent davantage », a-t-il expliqué. Cette observation souligne la nature insidieuse de l’occupation, où le temps lui-même œuvre à la consolidation de la présence rebelle.
L’écoulement du temps, loin d’être neutre, est perçu par Joshua Walker comme un facteur aggravant. « C’est ça la crainte, en fait : c’est qu’on arrive à une situation où, rien que par le passage du temps, on finisse par aboutir à une situation où, de fait, on continue avec une partie de la RDC qui n’est pas du tout sous contrôle du gouvernement, » a-t-il conclu. Son analyse met en lumière le risque concret de voir des portions du territoire congolais échapper durablement à l’autorité étatique, rendant la résolution du conflit encore plus ardue.