Le Tchad se retire de la Cour pénale internationale

Le Tchad a annoncé jeudi sa décision de quitter la Cour pénale internationale (CPI), évoquant son efficacité « limitée et à géométrie variable ». Cette décision est l’aboutissement d’un examen approfondi du fonctionnement de la CPI depuis son entrée en vigueur en 2002 ainsi que de son bilan dont l’efficacité demeure limitée et à géométrie variable, a indiqué le gouvernement tchadien. Le Tchad dénonce une activité concentrée sur le continent africain.

Sur les treize enquêtes ouvertes par la CPI depuis son entrée en vigueur, neuf « concernent des États africains, contre quatre ouvertes dans d’autres régions du monde, mais sans avancées concrètes », a fustigé le porte-parole. Le Tchad prend cette décision alors qu’il a été accusé par l’armée soudanaise et par plusieurs ONG de leur faciliter les envois d’armes venues des Émirats arabes unis (EAU) à destination des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), qui s’opposent depuis avril 2023 à l’armée soudanaise dans une guerre civile meurtrière.

« Cette décision compromet les perspectives de succès de plusieurs initiatives en cours, notamment le signalement que nous avons déposé en 2025, pour des ONG, concernant des faits présumés de complicité de crimes internationaux liés, entre autres, à l’acheminement d’armes en provenance des EAU au profit des FSR », a commenté l’avocat français Vincent Brengarth.