Le pm ousmane sonko dresse un état des lieux des infrastructures sénégalaises

Lors d’un conseil interministériel dédié aux infrastructures, le Premier ministre Ousmane Sonko a présenté un rapport détaillé sur l’état des 245 actifs et projets d’infrastructures actuellement recensés. Ces données, collectées auprès des différents ministères, mettent en lumière des infrastructures soit non exploitées, soit en attente de finalisation, soit partiellement achevées.

Un patrimoine immobilier sous-exploité

Parmi ces 245 actifs, plusieurs catégories se distinguent clairement. D’abord, 30 infrastructures achevées mais non mises en service ont été identifiées. Parmi elles, 25 sont gelées, bloquant ainsi un investissement de 279 milliards de francs CFA. Quinze de ces projets sont même classés comme prioritaires, en raison de leur impact financier ou de la nature des blocages rencontrés.

Ensuite, 23 actifs déjà opérationnels mais recyclables ou valorisables ont été relevés. Répartis dans huit secteurs différents, ces projets sont gérés par 13 entités distinctes et représentent une valeur estimée à 1 065 milliards de francs CFA.

Enfin, 94 projets en cours de réalisation nécessitent une finalisation urgente. Parmi eux, 62 sont actuellement bloqués. Leur coût global s’élève à 5 227 milliards de francs CFA, avec un besoin de financement supplémentaire de 973 milliards pour leur achèvement.

Des biens fonciers et immobiliers à optimiser

Le Premier ministre a également évoqué un patrimoine immobilier et foncier recyclable composé de 97 biens d’État. La grande majorité (91) se situe dans la région de Dakar. Leur valeur marchande globale atteint 132 milliards de francs CFA, tandis que les coûts de rénovation estimés s’élèvent à 12,1 milliards.

Les causes des blocages identifiées

Ousmane Sonko a détaillé les multiples raisons expliquant ces retards et blocages. Les problèmes financiers touchent 42 projets, avec des insuffisances de crédits, des retards de paiement ou des défauts de financement. Ces blocages entraînent des arrêts de travaux, un manque d’équipements ou des budgets de fonctionnement inexistants.

Les obstacles techniques concernent 18 projets, souvent liés à des défaillances de coordination entre maîtres d’ouvrage et opérateurs de réseaux (eau, électricité, télécommunications). Cela se traduit par des travaux inachevés, des retards de livraison, des défauts de raccordement ou des équipements manquants.

Les blocages juridiques (14 projets) découlent de conflits, d’annulations de marchés, de blocages administratifs ou de conventions en attente de signature. Enfin, les problèmes opérationnels touchent 13 projets, souvent achevés depuis plusieurs années mais sans modèle d’exploitation défini.

Un appel à l’action et à la rigueur

Face à cette situation, Ousmane Sonko a annoncé la création d’un comité dédié à la Primature pour poursuivre et finaliser cet inventaire. Il a également demandé un complément d’inventaire, estimant que celui-ci n’est pas encore exhaustif. Le Premier ministre a souligné l’importance d’anticiper les problèmes techniques liés aux raccordements hydrauliques et électriques dès la conception des infrastructures.

Il a vivement critiqué les pratiques de roublardise, négligence et laxisme, les présentant comme responsables des retards et des défaillances. « Il faut désormais une tolérance zéro face à cette situation », a-t-il martelé, déplorant les pertes énormes engendrées par ces blocages.

Enfin, Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité de penser à l’exploitation des infrastructures dès leur conception, un oubli partiel qu’il considère comme une cause majeure des dysfonctionnements actuels.

Ousmane Sonko lors du conseil interministériel sur les infrastructures