Le Ghana peut-il enfin reprendre la main sur son or ?

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Premier producteur d’or du continent africain, le Ghana veut reprendre la main sur son secteur minier. Accra entend faire respecter plus strictement les normes environnementales, freiner l’exploitation illégale et faire profiter davantage le pays des retombées de l’activité aurifère. Ce tour de vis marque-t-il un vrai changement de cap ?

Des inspections qui se multiplient

Plusieurs sociétés font déjà l’objet de mesures ou de vérifications. Cardinal Namdini, filiale du groupe chinois Shandong Gold, est montrée du doigt après un déversement de résidus miniers. D’après l’Autorité ghanéenne de protection de l’environnement, une canalisation mal raccordée serait à l’origine de la fuite. L’entreprise aurait aussi tardé à signaler l’incident et a reçu un préavis de fermeture.

Une autre société chinoise, Earl International, a vu son exploitation suspendue pour des soupçons d’extraction illégale. La compagnie affirme avoir corrigé le problème et obtenu le feu vert pour redémarrer. Les contrôles ne visent pas seulement les opérateurs chinois : la mine de Tarkwa, exploitée par le groupe sud-africain Gold Fields, a également été inspectée. Les conclusions de cette vérification n’ont pas été rendues publiques.

Trois objectifs majeurs pour l’État

Ces contrôles renforcés répondent à plusieurs préoccupations des autorités : prévenir les dégâts environnementaux liés aux activités minières, lutter contre l’exploitation illégale et faire en sorte que les ressources du pays profitent davantage à la population ghanéenne. Le gouvernement cherche aussi à mieux contrôler les licences et les revenus tirés de l’or, dans un contexte de pressions budgétaires et de hausse des cours du métal.

Les réformes annoncées visent notamment à accroître la participation des entreprises locales et à limiter les pratiques de prête-nom permettant à des acteurs étrangers d’obtenir indirectement des droits miniers.

Vers une surveillance plus continue

Les autorités ghanéennes souhaitent passer d’inspections ponctuelles à un dispositif de surveillance plus régulier des sites miniers. Cette orientation vise à détecter plus rapidement les infractions et à renforcer la responsabilité des exploitants en matière de sécurité et d’environnement.

En parallèle, le gouvernement prévoit d’augmenter les redevances minières et prépare une nouvelle loi sur le secteur. Les mesures envisagées doivent renforcer le contrôle de l’État, augmenter les revenus tirés de l’exploitation aurifère et accorder une place plus importante aux entreprises ghanéennes.

Quel avenir pour le secteur aurifère ghanéen ?

Le durcissement annoncé marque ainsi une volonté de mieux encadrer une activité essentielle à l’économie du pays. Reste à voir comment les nouvelles règles seront appliquées et si elles permettront de concilier production minière, protection de l’environnement et retombées plus importantes pour la population.

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