Le FDS du Gabon demande une régulation encadrée des camions-citernes d’eau
Le Front démocratique socialiste (FDS) du Gabon a récemment exprimé sa position suite à l’instauration de l’état d’urgence hydrique par le gouvernement le 1er juillet 2026. Bien que le parti salue l’engagement des autorités à combattre le trafic illégal d’eau potable, il met en garde contre les conséquences d’une suppression hâtive du système de distribution par camions-citernes. Selon le FDS, une interdiction généralisée pourrait aggraver les défis d’approvisionnement des populations, et il privilégie une régulation stricte du secteur.
Au lendemain de la déclaration de l’état d’urgence hydrique sur l’ensemble du territoire national, le Front démocratique socialiste (FDS) a rendu public un communiqué le 2 juillet. Le parti, sous la direction d’Anges Kevin Nzigou, reconnaît la gravité de la crise qui affecte le pays. Cependant, il émet des réserves concernant certaines décisions prises par le gouvernement, notamment la saisie de 55 camions-citernes et la centralisation de la distribution de l’eau par les forces de défense et de sécurité.
Une interdiction jugée contre-productive
Le FDS affirme que la lutte contre le commerce illicite de l’eau est impérative. Le parti condamne fermement « toute forme de trafic illégal de l’eau potable, qui constitue une atteinte directe au droit fondamental des populations ». Néanmoins, il estime que la réponse des autorités devrait être mieux adaptée aux réalités du terrain. Le FDS considère que l’arrêt immédiat de la distribution par camions-citernes intervient alors que le réseau d’approvisionnement en eau conventionnel demeure insuffisant, en particulier dans la région du Grand Libreville.
Pour le parti, ce mode de distribution alternatif, malgré quelques dérives, reste indispensable pour de nombreux foyers confrontés à des pénuries chroniques. « En l’absence de solutions immédiates de substitution pleinement opérationnelles, cette interdiction risque d’aggraver la précarité hydrique des populations », alerte le communiqué. Le Front démocratique socialiste s’interroge également sur la décision de confier la distribution et la facturation de l’eau aux forces de défense et de sécurité, suggérant qu’une telle organisation nécessite des mécanismes de contrôle rigoureux pour garantir transparence et redevabilité.
Le FDS propose une régulation du secteur
Plutôt qu’une interdiction totale, le FDS recommande la mise en place d’un cadre transitoire pour encadrer les activités des opérateurs de camions-citernes. Le parti propose notamment un système d’agrément officiel pour les distributeurs, la définition de tarifs plafonds contrôlés en concertation avec les acteurs concernés, ainsi que la création d’un mécanisme de suivi impliquant les collectivités locales et les organisations de la société civile.
Il suggère également de cibler les réseaux frauduleux par des enquêtes spécifiques, plutôt que de pénaliser l’ensemble des opérateurs et des usagers.
Accélérer les investissements dans le réseau d’eau
Au-delà des mesures d’urgence, le Front démocratique socialiste exhorte le gouvernement à concentrer ses efforts sur des solutions structurelles. Il plaide pour une accélération des investissements visant à réhabiliter et moderniser les infrastructures de production et de distribution d’eau potable.
Pour le FDS, la gestion de cette crise doit concilier la lutte contre les pratiques illégales et la garantie d’un accès effectif à l’eau pour tous. « Le droit à l’eau ne saurait être compromis par des mesures insuffisamment préparées. Il impose au contraire une réponse concertée, inclusive et adaptée aux réalités du terrain », conclut le parti.