La délibération rendue le 17 juin 2026 par le juge constitutionnel, relative à la demande de réintégration d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale, continue de générer des interprétations divergentes parmi les experts du droit au Sénégal. Au-delà d’une justification officiellement procédurale – l’incompétence du juge – certains observateurs perçoivent une signification plus profonde, suggérant une réorientation subtile de la doctrine constitutionnelle. Au centre de cette controverse, l’instance suprême du droit constitutionnel au Sénégal est interpellée sur la constance de son propre parcours. En effet, pour plusieurs analystes du droit public, la récente détermination tranche avec une approche plus audacieuse adoptée quelques années auparavant, notamment lors de la période institutionnelle de février 2024. Une affaire qui dépasse le simple contentieux électoral. Une lecture critique de la décision du 17 juin 2026 met en lumière un contraste évident entre deux épisodes clés de la justice constitutionnelle récente. D’une part, une phase où le juge avait pleinement endossé une fonction élargie, se positionnant comme régulateur du fonctionnement des institutions et garant de la stabilité de l’État. D’autre part, une décision récente qui, selon cette analyse, privilégie une démarche plus restrictive, focalisée sur la qualification juridique précise de l’acte contesté. Le fondement du raisonnement contesté…