Aimé Boji

Devant l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, son président, a récemment mis en lumière la crise sécuritaire persistante dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Lors de la clôture de la session ordinaire de mars, il a fermement souligné que cette situation demeurait la principale préoccupation de l’institution législative.

Dans une allocution empreinte de gravité, Aimé Boji a exprimé la profonde inquiétude de l’Assemblée nationale face à la recrudescence des violences armées. Les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri sont particulièrement touchées, où les populations civiles continuent de subir d’atroces conséquences des conflits. L’agression rwandaise, menée par le groupe terroriste AFC/M23, ainsi que les massacres perpétrés par les terroristes des ADF, continuent de faire couler le sang de nos compatriotes, a-t-il déclaré avec force.

La représentation nationale a réitéré sa condamnation la plus véhémente de cette guerre dévastatrice et injuste. Aimé Boji Sangara a profité de cette tribune pour rendre un hommage appuyé aux forces armées congolaises (FARDC) et aux Volontaires pour la défense de la patrie, les Wazalendo, qui luttent sans relâche et au péril de leur vie. Il a également adressé un message de soutien aux populations meurtries de l’Est, leur assurant que la Nation ne les oubliait pas.

Avec une détermination inébranlable, le président de la Chambre basse a exigé la cessation immédiate des hostilités et de toute ingérence extérieure dans les affaires internes du pays. Il a réaffirmé la volonté inébranlable de la République Démocratique du Congo de défendre et de préserver son intégrité territoriale. S’adressant directement à Kigali, l’élu de Walungu a appelé à une prise de conscience régionale, insistant sur l’impératif de privilégier une paix durable entre nations voisines.

« Aux agresseurs rwandais et à leurs supplétifs de l’AFC/M23, nous disons qu’il est temps que le pouvoir rwandais cesse ses manœuvres de déstabilisation, mette fin au pillage de nos ressources et arrête immédiatement l’extermination de nos populations », a-t-il martelé. Il a ajouté que ni les velléités expansionnistes ni la violence ne parviendront à ébranler la souveraineté congolaise, et qu’aucune portion du territoire ne sera cédée. « Le Rwanda doit comprendre que la géographie nous condamne à être voisins pour l’éternité. La guerre ne fera que perpétuer une haine dont les générations futures paieront le prix, et seule la paix durable profitera à tous », a-t-il conclu.

Malgré l’Accord de Washington, soutenu par les États-Unis, et le processus de Doha, mené sous l’égide du Qatar avec l’appui de l’Union africaine, la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC reste alarmante. Les populations civiles continuent d’être les principales victimes des violences et des déplacements forcés, aggravant une crise humanitaire déjà critique, dans un contexte de baisse des financements humanitaires internationaux. Les appels au respect des engagements de paix, lancés par diverses instances nationales et internationales, peinent à se traduire en actions concrètes, chaque partie interprétant les accords selon sa propre lecture, ce qui rend leur application incertaine et la paix, un objectif encore lointain.