L’Alliance des États du Sahel confirme des frappes aériennes ciblées au Mali

Les forces conjointes anti-jihadistes du Niger, du Burkina Faso et du Mali ont mené des « campagnes aériennes intenses » sur le territoire malien. Cette action fait suite à des attaques orchestrées par des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et des séparatistes touaregs, comme l’a rapporté le gouvernement nigérien en fin de semaine.

Durant le week-end, des jihadistes et leurs alliés séparatistes touaregs ont lancé une offensive d’une ampleur inédite en près de quinze ans au Mali. Cette série d’assauts a conduit à la prise de Kidal, une ville stratégique du nord, et a malheureusement coûté la vie au ministre de la Défense, Sadio Camara.

Le Mali, le Burkina Faso et le Niger, nations voisines d’Afrique, constituent l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette alliance a établi une force conjointe de 5 000 hommes pour contrer les groupes jihadistes, effectif porté à 15 000 mi-avril.

Les autorités nigériennes ont salué « la réponse prompte et vigoureuse des unités de la force unifiée… qui ont mené d’intenses campagnes aériennes dans les heures suivant les attaques lâches du 25 avril 2026 à Gao, Ménaka et Kidal », a déclaré le gouvernement du Niger jeudi soir après un conseil des ministres.

Mohamed Elmaouloud Ramadane, porte-parole des rebelles touaregs maliens du Front de libération de l’Azawad, avait auparavant exhorté le Burkina Faso et le Niger à « rester en dehors des événements en cours au Mali », quelques heures seulement après le début des hostilités.

Les trois pays membres de l’AES sont actuellement dirigés par des juntes militaires, arrivées au pouvoir par des coups d’État entre 2020 et 2023.

Ces récentes agressions contre la junte militaire malienne et ses alliés paramilitaires russes ont plongé l’ancienne colonie française dans une grave crise sécuritaire.

Lors des funérailles de M. Camara jeudi, Celestin Simpore, ministre de la Défense du Burkina Faso, s’est exprimé au nom de l’AES, promettant de « traquer » les « assassins ».

Solidarité régionale au Sahel

Le même jour, un rassemblement d’environ un millier de personnes s’est tenu à Niamey, la capitale nigérienne, pour manifester leur « solidarité avec le peuple malien », comme l’ont montré des images diffusées en direct sur les réseaux sociaux.

Au Centre culturel Djado Sekou, la foule scandait des slogans tels que « à bas les impérialistes », « à bas les terroristes et leurs sponsors » et « vive l’AES », tandis qu’une photographie de Sadio Camara était brandie.

Effred Mouloul, représentant d’une coalition d’organisations de la société civile à l’origine de l’événement, a déclaré : « Au peuple malien, nous disons : ‘Vous n’êtes pas seuls, les forces vives du Niger et de l’AES se tiennent à vos côtés et expriment leur pleine et entière solidarité.’ »

Il a reproché aux dirigeants africains un « manque total de solidarité visible face à l’assassinat ciblé » de leaders maliens et a plaidé pour le retrait de la présence française du territoire de l’AES.

Les autorités nigériennes ont d’ailleurs accusé des puissances étrangères, notamment la France, de « parrainer les attaques du week-end » au Mali. Le Niger a maintes fois accusé la France de chercher à le déstabiliser, une allégation que Paris a toujours réfutée.

Pour des raisons de sécurité, le gouvernement nigérien a annulé les défilés du 1er mai prévus dans tout le pays.