La tension monte à Touba : l’APR dénonce une cabale politique devant le khalife général des mourides

L’Alliance pour la République (APR) intensifie sa mobilisation à Touba, dénonçant avec véhémence ce qu’elle qualifie de cabale politique orchestrée par le régime en place. Cette démarche fait suite à l’arrestation de Pape Malick Ndour, une affaire qui relance le débat sur les liens complexes entre justice et politique au Sénégal. Devant l’éminent Serigne Mountakha Mbacké, les représentants du parti ont plaidé pour la justice, soulignant l’urgence de faire la lumière sur cette situation.

Ousmane Sonko reçu par le Khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké (photos)

L’Alliance pour la République (APR) a haussé le ton après l’incarcération de son coordonnateur national, Pape Malick Ndour, dans le cadre du dossier relatif au Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac). Le lundi 18 mai 2026, une importante délégation de la Convergence des cadres républicains (CCR) s’est rendue à Touba pour une rencontre cruciale avec le Khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké, afin de lui exposer leur analyse de la situation.

Cette initiative marque le point de départ d’une série de visites prévues auprès des diverses familles religieuses influentes du Sénégal. Pour les dirigeants de l’APR, l’emprisonnement de leur camarade va bien au-delà d’une simple affaire judiciaire, s’inscrivant plutôt dans une offensive politique ciblée contre leur formation. Cette actualité sénégalaise met en lumière les tensions politiques croissantes dans le pays.

Face au Khalife général des Mourides, les représentants de la CCR ont fermement dénoncé ce qu’ils perçoivent comme une injustice flagrante et une procédure orientée spécifiquement contre Pape Malick Ndour. Ils affirment que ce dernier est détenu dans le cadre d’une « cabale politique » qu’ils attribuent sans équivoque au pouvoir actuel, pointant du doigt la politique du Sénégal.

Prenant la parole au nom de la délégation, Bocar Diongue a clairement exposé la position de son camp politique. Il a déclaré : « Nous sommes aujourd’hui à Touba, marquant le début d’une tournée auprès des familles religieuses du Sénégal. Nous avons rencontré le Khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, à qui nous avons détaillé les tenants et les aboutissants de l’arrestation de notre camarade, le ministre Pape Malick Ndour, injustement emprisonné. »

Injustice et chronologie contestée

Les responsables républicains estiment que les poursuites engagées contre leur coordonnateur ne reposent sur aucune implication directe de sa part dans la gestion du Prodac. Selon leurs explications, le rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) évoqué dans ce dossier daterait d’une période antérieure à l’arrivée de Pape Malick Ndour à la tête du programme.

Bocar Diongue a insisté sur la chronologie présentée par l’APR : « C’est en 2018 qu’un rapport de l’Inspection générale des finances a été produit concernant la gestion du Prodac. En réalité, notre camarade Pape Malick Ndour n’est mêlé ni de près ni de loin à une quelconque gestion du Prodac. Ce n’est qu’en 2019 que Pape Malick Ndour a été nommé à ce poste. Ce qui signifie que ce rapport ne le concerne absolument pas. Malgré cela, il est aujourd’hui envoyé en prison en lien avec un rapport sur le Prodac. »

Au sein de l’APR, cette affaire est perçue comme un épisode supplémentaire dans une série de poursuites visant des personnalités de l’ancien pouvoir. Les cadres républicains soutiennent que plusieurs de leurs figures ont déjà été inquiétées par la justice, et ils considèrent ces procédures comme étant clairement motivées par des considérations politiques.

Dans cette perspective, Bocar Diongue a élargi son propos au-delà du seul cas de Pape Malick Ndour. Il a affirmé : « Hier, c’était notre camarade Farba Ngom et tant d’autres parmi nous qui ont été incarcérés sans la moindre preuve. Parmi eux figurent Mansour Faye, Moustapha Diop et bien d’autres. La seule raison pour laquelle nos camarades sont emprisonnés, c’est parce qu’ils ont commis le ‘péché’ d’appartenir à l’Alliance pour la République. »

Ousmane Sonko directement mis en cause

La délégation n’a pas hésité à formuler des accusations directes contre le Premier ministre Ousmane Sonko, que les responsables républicains tiennent pour personnellement responsable de ces procédures judiciaires. Cette position a été exprimée sans ambiguïté par leur porte-parole. « C’est Ousmane Sonko qui est derrière tous ces emprisonnements, nous le clamons haut et fort. Mais qu’il sache que le combat continuera quoi qu’il en coûte », a martelé Bocar Diongue, affirmant l’engagement de l’APR dans la politique du Sénégal.

Après cette étape significative à Touba, la délégation de la CCR a poursuivi sa tournée à Thiénaba. Les dirigeants de l’APR y ont été accueillis par le Khalife général de Thiénaba, Serigne Assane Seck. Selon les membres de la délégation, cette rencontre a été marquée par des prières ferventes en faveur de Pape Malick Ndour, ainsi que par un message de soutien appuyé adressé à l’ancien ministre, illustrant la portée de l’actualité Sahel en matière de mobilisation politique.