La CENCO fustige la répression des manifestations de l’opposition en RDC
L’Église catholique alerte sur la répression politique en RDC
À l’issue de sa session extraordinaire tenue à Kinshasa, la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) a vivement condamné la répression des rassemblements de l’opposition, s’insurgeant contre la collaboration entre la Police Nationale et le groupe « Force du progrès ». Ces manifestations s’élevaient avec force contre un projet de révision constitutionnelle.
« Les manifestations de l’opposition sont violemment réprimées par la Police Nationale, agissant en collaboration avec une milice d’un parti politique, la « Force du progrès » », a déclaré la CENCO, exprimant sa ferme désapprobation.
S’adressant aux médias, Monseigneur Donatien Nshole, secrétaire exécutif de l’organisation des évêques catholiques, a également souligné une inquiétante tendance au musèlement des voix dissidentes au sein de la majorité au pouvoir, celles-là mêmes qui contestent la modification de la loi fondamentale.
« Nous constatons, avec une profonde préoccupation, une escalade des tensions résultant de la campagne menée par la majorité en place pour modifier la Constitution du 18 février 2006. Cette campagne, qui bénéficie des ressources de l’État, s’opère malheureusement dans un climat de terreur, contraignant les voix discordantes au sein même de la majorité à se taire, par crainte de représailles », précisait la déclaration épiscopale.
Cet avertissement de la CENCO fait suite à la répression violente d’un sit-in organisé par la Coalition C64 le vendredi 12 juin. Cette action visait à contrecarrer la proposition de loi référendaire émanant du député national Paul-Gaspard Ngondakoy, déjà validée par l’Assemblée Nationale. À la suite de cet événement, de nombreuses organisations de défense des droits humains, tant locales qu’internationales, avaient unanimement pointé du doigt la Police et la « Force du progrès », une faction juvénile liée à l’UDPS. Elles les accusaient d’avoir agressé les dirigeants et les participants aux manifestations de l’opposition, dispersées à l’aide de gaz lacrymogènes aux abords du Palais du Peuple à Kinshasa.