Jusqu’à 115 000 euros la place : la folle revente des billets a trouvé une nouvelle combine
Jusqu’à 115 000 euros la place : la folle revente des billets a trouvé une nouvelle combine
Prix délirants, faux vendeurs, billets bloqués sur smartphone… À quelques jours de la finale Arsenal-PSG, les places s’échangent sur un marché parallèle où certains n’hésitent plus à vendre le téléphone avec le ticket.
- Publié le 26-05-2026 à 10h06
- Mis à jour le 26-05-2026 à 12h05

Que ce soit pour assister à des concerts des plus grandes stars de la musique ou pour des événements sportifs majeurs, il n’est plus rare de devoir débourser des sommes à trois, voire quatre chiffres, pour obtenir un ticket revendu par un particulier. Et la finale de la Ligue des Champions, prévue le 30 mai prochain, ne fait pas exception.
Sur le papier, difficile de faire plus vendeur. Arsenal arrive à Budapest avec un titre de champion d’Angleterre. Le PSG, lui, débarque en champion de France et en tenant en titre de la Ligue des champions. Deux clubs très suivis, deux publics prêts à faire le déplacement, mais seulement 18 000 billets officiellement réservés à chaque camp. Le reste du stade, soit environ 31 000 places, est destiné aux spectateurs neutres, aux partenaires et aux autres circuits de distribution. De quoi créer un écart énorme entre l’offre et la demande. Et ouvrir un boulevard aux revendeurs comme aux arnaqueurs.
C’est surtout sur X qu’il y a beaucoup d’escrocs. Sur les groupes WhatsApp, c’est assez bien organisé. On dirait presque une société de vente de tickets classique ».
Jusqu’à 115 000 euros le ticket, mais attention aux arnaques
Que ce soit sur le réseau social X ou sur WhatsApp, les tickets s’arrachent à prix d’or. « Sur les groupes WhatsApp, on ne trouve aucun ticket en dessous de 2000 euros. C’est le minimum », nous confie un supporter parisien souhaitant aller soutenir son équipe à Budapest, le lieu choisi pour la finale. Et encore, ce tarif ressemble presque à un prix d’appel. Sur certains sites de revente comme Fan Pass ou SeatPick, l’addition peut s’envoler jusqu’à 115 000 euros. On est bien loin des prix proposés par l’UEFA, l’organisation en charge de la compétition, qui propose des prix entre 70 et 950 euros.
Mais si ces sites sont, généralement, assez sécurisés, ce n’est pas nécessairement le cas des reventes de tickets sur les réseaux sociaux. « Il y a un énorme système où des abonnés (du club) rachètent des tickets par dizaine pour les revendre beaucoup plus chers. Ils profitent de l’occasion et du caractère exceptionnel de la rencontre. C’est vraiment un marché noir parallèle à part entière », lance Martin, un autre supporter parisien qui, n’ayant pas réussi à obtenir son sésame, s’est rabattu sur des places au Parc des Princes, le stade du Paris-Saint-Germain, où un écran sera installé pour suivre la rencontre.
À lire aussiSurprise dans le dossier des droits TV: c’est finalement Canal+ qui diffusera la Ligue des champions et les Coupes d’Europe en BelgiqueMais même là, les arnaques guettent. Martin s’est fait avoir via un revendeur sur X. « On a contacté la personne qui avait mis une annonce. Après quelques messages, on demande son Iban, le nom. On l’a reçu, on a fait le virement. Puis le type a fait le mort dès que le virement est parti », explique le supporter.
« C’est la première fois qu’on a une telle mésaventure. On a été un peu trop naïfs, on a voulu aller trop vite à cause de la demande qui est trop importante ». Avec le recul, le supporter estime que des indices étaient visibles. Cela ne se voit pas directement, mais en y regardant de plus près, il est possible de voir le logo de Gemini, le robot conversationnel créé par Google, sur la capture d’écran du billet. Un signe qui ne laisse aucun doute à une escroquerie. « C’est surtout sur X qu’il y a beaucoup d’escrocs. Sur les groupes WhatsApp, c’est assez bien organisé. On dirait presque une société de vente de tickets classique ».
L’UEFA contre-attaque
En attendant, pour cette année, les « revendeurs professionnels » doivent se montrer plus créatifs. Pour quelle raison ? Parce que l’UEFA a décidé de verrouiller sa billetterie afin d’éviter la circulation de faux tickets.
Concrètement, le bon vieux billet papier ou le PDF envoyé par mail ne serviront à rien à l’entrée du stade. Les billets sont accessibles uniquement via l’application officielle UEFA Mobile Tickets. Sur le site officiel de l’UEFA, l’organisation prévient que les « captures d’écran de billets mobiles ne sont pas des billets valables ». Toute personne qui tentera d’entrer avec ce type de document « se verra refuser l’accès au stade ».
Le dispositif va même plus loin qu’un simple QR code numérique puisque le billet est directement attaché au téléphone sur lequel il a été téléchargé. Là encore, l’UEFA met en garde les supporters contre le partage de compte dans l’application. « Seul le téléphone utilisé pour télécharger les billets mobiles permettra d’accéder au stade », précise-t-elle.
À lire aussiChampions League: un coup de poker d’une « grande plateforme » va bouleverser les BelgesL’objectif est évidemment d’empêcher qu’un même billet circule dix fois, qu’un vendeur disparaisse après avoir envoyé une capture d’écran d’un faux ticket ou qu’un supporter découvre trop tard la supercherie.
C’est difficile de savoir combien ils sont derrière. S’il y a une seule personne ou si ce sont des organisations. D’ailleurs c’est un peu flippant. Tu te demandes à quoi va servir cet argent ».
Un nouveau système (déjà) obsolète
Mais si la démarche de l’organisation sportive est louable, c’est sans compter l’ingéniosité de certains revendeurs. Que faire dans le cas où le ticket est directement rattaché au smartphone ? Vendre le smartphone avec le ticket. « C’est la première fois que je vois ça. Je n’ai jamais vu ça », indique le supporter parisien. Et les offres ne sont pas rares. De nombreux revendeurs proposent désormais cette option : le prix du ticket + un smartphone (offert ou avec un supplément).
Dans ce type de cas, la situation est plus compliquée parce que deux options s’offrent à l’acheteur : soit rencontrer la personne et récupérer le téléphone de main en main, soit faire confiance au revendeur et recevoir le smartphone par la poste. Un pari un peu trop risqué pour le supporter parisien, mais qui a malgré tout déjà séduit de nombreuses personnes, à en croire certains posts sur les réseaux sociaux.
En attendant, derrière ce business parallèle, une question se pose malgré tout pour les acheteurs : avec qui sont-ils en contact quand ils achètent des places sur ce marché noir ? « C’est difficile de savoir combien ils sont derrière. S’il y a une seule personne ou si ce sont des organisations. D’ailleurs c’est un peu flippant. Tu te demandes à quoi va servir cet argent », conclut le supporter qui a finalement réussi à trouver un ticket pour le stade des Princes via… WhatsApp.