Jeunesse congolaise exige des garanties avant toute réforme constitutionnelle à Kinshasa

Jeunesse congolaise : des conditions strictes pour une réforme constitutionnelle en RDC

À Kinshasa, une structure représentant la jeunesse congolaise a pris publiquement position sur le débat houleux entourant le projet de réforme constitutionnelle. Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi 3 juin, cette organisation a clairement énoncé ses exigences pour qu’une telle réforme puisse être envisagée.

Trois impératifs pour une réforme constitutionnelle

Les jeunes de cette structure ont souligné que toute modification de la Constitution doit impérativement répondre à trois critères fondamentaux :

  • Une nécessité démontrée sans ambiguïté : Les réformes proposées doivent résoudre des problèmes concrets et immédiats pour la population congolaise.
  • Un consensus national élargi : Le projet doit faire l’unanimité ou du moins rassembler une majorité significative des forces vives du pays.
  • Un climat politique apaisé : La stabilité du pays doit primer pour éviter toute division supplémentaire.

« Avant de se prononcer pour ou contre, il est essentiel de se poser les bonnes questions », a déclaré Mukenge Totoro, porte-parole de la structure. « Pourquoi changer la Constitution aujourd’hui ? Quels problèmes précis cette réforme entend-elle résoudre ? En quoi améliorera-t-elle concrètement la vie des Congolais ? Qui en sera le principal bénéficiaire : la Nation ou des intérêts particuliers ? »

« Tant que ces interrogations ne recevront pas de réponses claires, transparentes et convaincantes, le débat continuera d’alimenter la méfiance et la division », a-t-il ajouté.

Une jeunesse qui refuse d’être instrumentalisée

Face aux rapports de force entre la majorité présidentielle et l’opposition, la structure a rappelé ses priorités : la défense de la République, la stabilité du pays et le bien-être du peuple congolais. Elle a appelé la jeunesse à ne plus être considérée comme une simple force de mobilisation électorale, mais comme un acteur clé de réflexion et de proposition.

« La jeunesse doit devenir une force de transformation nationale, un pilier de contrôle citoyen et de propositions constructives », a insisté Mukenge Totoro.

Position sur la journée « ville morte »

Concernant la journée « ville morte » organisée ce mercredi par l’opposition pour protester contre le projet de réforme constitutionnelle, la structure a rappelé que le droit de revendiquer est constitutionnellement reconnu. Cependant, elle a encouragé toutes les parties à privilégier le dialogue et les réformes constructives plutôt que les tensions.

« La RDC a besoin d’une opposition qui propose et qui conteste, mais toujours dans le respect des voies démocratiques », a-t-elle conclu.

Vers une jeunesse plus engagée

Cette prise de position marque un tournant dans l’engagement politique des jeunes en RDC. Elle montre une volonté croissante de cette génération de jouer un rôle actif dans les décisions nationales, au-delà des simples mobilisations électorales.

La structure a invité l’ensemble des acteurs politiques à écouter les préoccupations de la jeunesse et à travailler ensemble pour un avenir plus stable et prospère pour le pays.