Iyad ag ghaly et les chefs du jnim : le Mali offre des millions pour leur capture

iyad ag ghaly et les chefs du jnim : pourquoi le Mali offre des millions pour leur capture ?

iyad ag ghaly

Les autorités maliennes ont lancé un appel à contribution exceptionnel. Une prime pouvant atteindre 2 milliards de francs CFA est désormais offerte pour toute information menant à l’arrestation ou à la neutralisation d’iyad ag ghaly, chef du groupe djihadiste Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), ainsi que de plusieurs de ses lieutenants. Cette annonce intervient dans un contexte de tensions accrues, deux mois après les attaques simultanées de Kidal et Kati, attribuées à des éléments du JNIM en coordination avec des séparatistes du Front de libération de l’Azawad (FLA).

Dans un communiqué officiel signé par le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le gouvernement malien exhorte la population à se mobiliser aux côtés des forces de défense et de sécurité. Sept individus, considérés comme des menaces majeures pour la stabilité du pays, sont désormais dans le viseur des autorités.

les cibles prioritaires et leurs primes

marché au Mali

Le communiqué gouvernemental précise les montants alloués pour chaque fugitif. iyad ag ghaly, leader historique du djihad au Mali, voit sa tête mise à prix pour un montant record de 2 milliards FCFA. amadou koufa, chef de la katiba Macina, bénéficie d’une prime de 1,5 milliard FCFA, tout comme abdoulaye mohamed, alias habib, également affilié à cette brigade armée.

Parmi les autres figures recherchées, algabas ag intallah, figure politique et militaire du FLA, est visé par une récompense de 1 milliard FCFA. Enfin, trois responsables du même mouvement séparatiste, ghita, bilal chérif et abderrahmane al banna, ont chacun une prime de 500 millions FCFA.

Cette initiative s’inscrit dans la foulée des attaques du 25 avril, menées en collaboration par le JNIM et le FLA. L’assaut a causé la mort du ministre de la Défense, sadio camara, illustrant la gravité des menaces pesant sur la sécurité nationale.

qui est iyad ag ghaly, la cible numéro un ?

iyad ag ghaly à Kidal en 2012

Né en 1958 à Boghassa, dans la région de Kidal, iyad ag ghaly est une figure controversée du nord du Mali. Son parcours, marqué par des alliances changeantes, en fait l’un des acteurs les plus influents de la crise sahélienne.

Dans les années 1970, il quitte le Mali pour s’engager dans les rangs du colonel Kadhafi en Libye. Il participe à des conflits au Liban et au Tchad, avant de revenir au Mali au début des années 1990.

Il fonde alors le Mouvement populaire pour la libération de l’Azawad (MPLA), marquant le début d’une rébellion touarègue contre Bamako. Plus tard, il dirige le Mouvement populaire de l’Azawad (MPA) avant de signer un accord de paix en 1992.

Son engagement envers l’islamisme radical se confirme avec le temps. En 2007, il se rapproche du GSPC, ancêtre d’AQMI, avant de créer en 2012 le groupe Ansar Dine. Ce dernier s’allie à AQMI pour prendre le contrôle de vastes territoires dans le nord du Mali.

En 2017, il unifie plusieurs factions djihadistes sous la bannière du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), aussi appelé JNIM. Ce groupe, affilié à Al-Qaïda, étend son influence au-delà des frontières maliennes, semant la terreur au Niger et au Burkina Faso.

Selon des experts du Timbuktu Institute, iyad ag ghaly est aujourd’hui considéré comme l’homme le plus recherché du Sahel. Son objectif ne se limite plus à des combats militaires conventionnels. Il privilégie désormais une stratégie de blocage économique.

En perturbant les axes routiers et en endommageant des infrastructures clés comme les lignes électriques, il cherche à asphyxier la capitale malienne. Son but affiché ? Provoquer un effondrement interne du régime de Bamako en privant la population de ressources essentielles.

Les analystes soulignent que cette approche vise moins à diriger le Mali qu’à saper l’autorité centrale. Le pouvoir malien, confronté à une menace sans précédent, doit désormais agir sur deux fronts : militaire et socio-économique.

Un mandat d’arrêt international a été émis à son encontre par la Cour pénale internationale (CPI). Il est accusé de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre commis entre 2012 et 2013.

Le JNIM, sous sa direction, reste l’un des groupes armés les plus actifs et les plus redoutés de la région. Son action menace directement la stabilité des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), composée du Mali, du Niger et du Burkina Faso.