Immersion du ministre Abdoulaye Seydou dans les usines nigériennes

Niamey — La quête de souveraineté économique au Niger ne se limite plus aux discours politiques. Elle s’incarne désormais dans les ateliers et les chaînes de production. Ces derniers jours, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, a multiplié les visites dans les sites industriels du pays. Son objectif ? Convertir les ambitions de production locale en réalités tangibles.

Le 14 juillet dernier, il a poursuivi sa tournée en visitant trois sites majeurs : Sahel Agro Ingénierie, spécialisée dans la transformation des huiles végétales, ainsi que les usines d’eau minérale Benie et Belvie. Une démarche loin d’être anodine : il s’agit pour les autorités de mesurer l’état de santé du tissu industriel nigérien et de cerner les freins à son expansion.

Des huiles alimentaires aux eaux minérales : un aperçu du potentiel nigérien

Chez Sahel Agro Ingénierie, l’accent a été mis sur la production d’huiles alimentaires à partir de cultures locales comme l’arachide, le sésame ou le souchet. Aujourd’hui, l’entreprise atteint un volume de 1 000 litres d’huile par jour. Une performance encourageante, mais encore insuffisante pour couvrir la demande nationale et réduire les importations. Les échanges avec les responsables ont porté sur les moyens d’amplifier cette production et d’améliorer les rendements.

La visite s’est poursuivie dans les unités de production d’eau minérale des marques Benie et Belvie. Le ministre a pu observer les processus de fabrication, depuis le traitement de l’eau jusqu’à la mise en bouteille. Une attention particulière a été accordée aux normes sanitaires, aux contrôles qualité et aux dispositifs de traçabilité mis en place.

Les défis persistants de l’industrie nigérienne

Cette immersion a révélé plusieurs obstacles récurrents pour les industriels. Parmi eux, les problèmes énergétiques, les difficultés logistiques et les manques d’investissements se dressent comme des barrières majeures à l’essor du secteur. Lors des échanges avec les dirigeants, les discussions ont permis d’identifier des pistes concrètes pour y remédier.

Face à ces enjeux, Abdoulaye Seydou a réaffirmé les engagements du gouvernement : « Assurer des produits conformes aux standards internationaux, garantir la transparence des prix sur le marché national et soutenir activement le développement industriel pour renforcer l’autonomie économique du Niger. »

Production locale : un axe stratégique pour l’avenir du Niger

Cette tournée s’inscrit dans une dynamique plus large. Il y a moins d’une semaine, le ministre avait déjà sillonné d’autres sites industriels à travers le pays. Une volonté politique claire : accompagner les acteurs locaux au quotidien et faire de la production nationale un levier de croissance durable.

En misant sur l’industrie locale, le Niger cherche à créer de la valeur ajoutée, à réduire sa dépendance aux importations et à consolider sa souveraineté économique. Une stratégie ambitieuse, mais nécessaire pour bâtir un avenir plus résilient et indépendant.