Groupe Wagner en afrique centrale : un empire criminel alimenté par le tramadol

Écouter la lectureEnviron 3 min

Le Groupe Wagner, cette milice russe aux multiples visages, a transformé la République centrafricaine en un véritable « empire criminel », selon les révélations du Wall Street Journal. Dans ce pays d’Afrique centrale, les activités illégales du groupe, notamment le trafic de tramadol, lui ont offert un « second souffle » inattendu.

Un opioïde détourné, nouvelle arme de guerre

Initialement prescrit pour soulager des douleurs modérées, le tramadol est ici reconditionné à des concentrations bien supérieures. Ce médicament, devenu une « cocaïne du pauvre », stimule les combattants et les mercenaires de Wagner. Les experts soulignent son rôle croissant dans les combats, où il est distribué aux milices pro-russes et aux forces de sécurité locales.

L’acheminement de ce stupéfiant passe principalement par la République démocratique du Congo, avant d’être écoulé dans les marchés locaux et exporté vers les pays voisins à des prix exorbitants. Les Requins, une milice de jeunes armés, ainsi que les gardes présidentielles, figurent parmi les principaux bénéficiaires de ces distributions.

Une présence russe toujours aussi forte malgré les bouleversements

Fondé par Evgueni Prigojine, le Groupe Wagner a traversé une période trouble après la mort de son leader en 2023. Remplacé par Africa Corps, une structure officielle liée au ministère russe de la Défense, le groupe a pourtant maintenu son emprise en République centrafricaine. Aujourd’hui, environ 500 hommes, placés sous la direction de Pavel Prigojine, fils d’Evgueni, y opèrent encore.

Plusieurs facteurs expliquent cette persistance : un État affaibli, une surveillance internationale limitée et des ressources naturelles abondantes (or, diamants, uranium). Le groupe y contrôle des mines d’or, générant jusqu’à 180 millions de dollars de profits annuels, selon Global Initiative. Ces revenus illicites s’ajoutent à son influence politique, le Centre d’études stratégiques pour l’Afrique évoquant même un « contrôle de l’État ».

Un modèle économique criminel qui s’étend

Les activités de Wagner en République centrafricaine ne se limitent pas au trafic de drogue. Le groupe exploite aussi les richesses minières du pays, tout en étendant son réseau vers des États voisins comme le Soudan. Des experts craignent désormais une infiltration via les Forces de soutien rapide (FSR), dont les opérations se rapprochent des frontières centrafricaines.

Cette stratégie, combinant trafic, mercenariat et contrôle territorial, redéfinit les équilibres géopolitiques en Afrique centrale. Une situation qui préoccupe les observateurs, alors que l’influence russe gagne du terrain sur le continent.

Flux RSS & XMLCopiez le lien du flux dans votre lecteur RSS préféré