Gabon : une stratégie minière ambitieuse pour booster l’économie nationale
Un virage stratégique face à la baisse de la production pétrolière
Alors que la production pétrolière du Gabon montre des signes d’essoufflement, les autorités misent sur une diversification économique audacieuse. Le secteur minier, longtemps sous-exploité, devient le fer de lance de cette nouvelle politique. D’ici 2030, huit nouvelles mines devraient entrer en production, marquant un tournant pour l’économie gabonaise.
Des ressources prometteuses au cœur des projets
Le ministre des Mines, Sosthène Nguema Nguema, a dévoilé les contours de cette offensive. Plusieurs projets ciblent des minerais stratégiques : le fer, l’or et la potasse. Parmi les gisements les plus prometteurs figurent Milingui et Baniaka pour le fer, Etéké pour l’or, ainsi qu’un site dédié à la potasse. Ces initiatives visent à exploiter pleinement le potentiel géologique du pays.
Des minerais clés pour une économie en mutation
- Le fer : Les gisements de Mébaga et M’Bilan rejoignent la liste des sites prioritaires
- L’or : Le projet de développement d’Etéké s’annonce comme un pilier de cette stratégie
- La potasse : Une ressource encore méconnue, mais aux débouchés prometteurs
Des ambitions chiffrées et des retombées attendues
Le gouvernement gabonais vise un objectif ambitieux : faire passer la contribution du secteur minier au PIB de 6 % à près de 20 % dans les années à venir. Cette croissance s’accompagnera de la création de milliers d’emplois et d’un renforcement significatif des recettes de l’État, réduisant ainsi la dépendance aux hydrocarbures.
Modernisation des infrastructures : un défi à relever
Pour concrétiser ces projets, le Gabon doit impérativement moderniser ses infrastructures. L’économiste Orphée Mouelé souligne l’urgence d’améliorer le réseau routier et ferroviaire, les infrastructures portuaires et l’offre énergétique. Ces améliorations permettront de réduire les coûts logistiques et de fluidifier l’évacuation des minerais, rendant le secteur plus compétitif.
Une exigence de transparence et de retombées sociales
La société civile, représentée notamment par l’ONG Éthique et Bonne Gouvernance, rappelle l’importance d’une gestion équitable des revenus miniers. Pour elle, la réussite de cette transition économique se mesurera à l’aune de ses bénéfices concrets pour les populations locales et de sa capacité à générer un développement durable.
Vers une industrie minière locale et intégrée
Libreville place la transformation locale des ressources au cœur de sa stratégie. L’objectif ? Développer une filière minière nationale complète, augmenter la valeur ajoutée des exportations et atténuer progressivement la vulnérabilité de l’économie gabonaise face aux aléas des revenus pétroliers.