Libreville – Le Gabon trace sa route vers une économie souveraine en s’appuyant sur des alliances stratégiques.
Dans un contexte où les nations africaines cherchent à concilier croissance, inclusion sociale et indépendance économique, le Gabon mise sur une diplomatie économique active. Les rencontres organisées à Libreville ces derniers jours en témoignent : le président Brice Clotaire Oligui Nguema a reçu tour à tour Idrissa Nassa, PDG du Groupe Coris Bank, et Zhu Junbo, directeur général de la société chinoise COVEC. Ces échanges illustrent une volonté claire : mobiliser les capitaux africains tout en attirant des investisseurs étrangers pour relancer des projets structurants.
Le logement, les infrastructures et les partenariats financiers sont au cœur de cette stratégie ambitieuse.
Capital africain : un levier pour le développement gabonais
L’accueil réservé à Idrissa Nassa et sa délégation, composée de chefs d’entreprise burkinabè, marque un tournant. Parmi eux figuraient Roland Sow (président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Burkina Faso), Saïdou Tiendrébeogo (président des Promoteurs Immobiliers du Burkina Faso) et Achille Ouédraogo (président des Jeunes Entrepreneurs du Burkina Faso). Cette délégation symbolise l’émergence de groupes financiers africains capables d’investir au-delà de leurs frontières nationales.
Les discussions ont porté sur le programme national de logements, un projet à la fois social et économique. Ce chantier mobilise plusieurs secteurs : banques, entreprises de construction, producteurs de matériaux et services publics. En sollicitant Coris Bank, le Gabon mise sur un modèle où les solutions locales financent des ambitions locales.
Logement : un pilier de la stabilité et de la croissance
L’accès à un logement décent figure parmi les priorités du gouvernement. Au-delà de la simple construction, ce secteur est un vecteur de stabilité sociale, de création de patrimoine et de développement urbain. En facilitant l’accession à la propriété, l’État stimule l’épargne, renforce la classe moyenne et dynamise l’économie. La future implantation du siège social de Coris Bank sur le Boulevard de la Transition confirme cette volonté de pérenniser la présence du groupe dans l’économie gabonaise.
Infrastructures : relancer les grands axes pour booster l’économie
La rencontre avec Zhu Junbo a permis d’aborder la reprise imminente de plusieurs chantiers routiers stratégiques. Parmi eux, les tronçons Ndendé-Tchibanga et Tchibanga-Mayumba dans la Nyanga, ainsi que l’axe Sibang-Bambouchine dans l’Estuaire. Ces projets sont vitaux : une route améliore la mobilité, réduit les coûts logistiques, favorise les échanges commerciaux et attire les investisseurs.

La relance de ces infrastructures envoie un signal fort aux acteurs économiques nationaux et internationaux. Elle confirme que le Gabon mise sur des secteurs concrets pour réduire sa dépendance aux revenus pétroliers et bâtir une économie plus résiliente.
Vers une souveraineté économique renforcée
Ces deux rencontres révèlent une même ambition : diversifier les partenariats sans renoncer à la souveraineté. Le Gabon sollicite les capitaux africains, tout en maintenant le dialogue avec les investisseurs internationaux. Logement, routes, agriculture, élevage et inclusion financière sont les piliers de cette stratégie. Leur réussite dépendra de l’exécution concrète des engagements pris.
Une chose est sûre : en associant acteurs africains et partenaires internationaux autour de projets structurants, le Gabon se positionne au cœur d’une nouvelle dynamique économique continentale. Une dynamique où le développement repose sur les capacités locales à investir dans leur propre avenir.
