Gabon : la traque aux fonctionnaires fantômes franchit un cap décisif

Un tournant dans la lutte contre les fonctionnaires fantômes au Gabon
Le gouvernement gabonais a frappé un grand coup. Plus de 1 400 agents publics ont été écartés pour abandon de poste, une décision qui marque une rupture nette avec des décennies de laxisme dans la gestion des effectifs de l’État. Cette opération d’envergure, fruit d’un contrôle comptable et biométrique mené sous l’égide des autorités de transition, vise à assainir en profondeur les fichiers de l’administration.
Des économies substantielles pour les finances publiques
Pendant des années, des individus continuaient de percevoir leur salaire sans jamais pointer au bureau. Certains résidaient à l’étranger, d’autres cumulaient avec un emploi dans le privé, et quelques-uns avaient tout simplement déserté leur poste. En rayant 1 473 agents des registres, l’État gabonais s’attend à économiser plus de 11 milliards de francs CFA (environ 16,7 millions d’euros) chaque année. Ces fonds, promet l’exécutif, seront réinjectés dans des projets à fort impact social : réhabilitation des hôpitaux, construction d’écoles, et recrutement d’enseignants et de soignants qualifiés.
Des contrôles rigoureux, mais des vérifications en cours
Si la population salue majoritairement cette offensive contre le gaspillage des deniers publics, des voix syndicales appellent à la prudence. Elles exigent que les travailleurs réguliers ne soient pas victimes d’erreurs techniques dans la base de données. Le ministère a assuré que les cas litigieux seront réexaminés individuellement. Par ailleurs, l’État prévient que les personnes ayant indûment perçu des salaires pourraient être poursuivies pour rembourser les sommes versées.
Une remise en ordre indispensable pour l’avenir
Cette vaste opération traduit la détermination des autorités actuelles à rétablir une gestion saine des finances publiques. Cependant, écarter les absents ne suffira pas : il faudra surtout empêcher le retour de ces dérives et garantir que chaque franc public serve désormais au développement du Gabon.