Chaque 22 septembre, le Mali célèbre sa fête de l’indépendance, un moment symbolique marqué par des discours politiques et des revendications citoyennes. Cette année, le chef de la junte militaire malienne, le général Assimi Goïta, a profité de l’occasion pour vanter les progrès économiques du pays, insister sur la lutte contre les groupes armés terroristes et promouvoir la réconciliation nationale.
Arrivé au pouvoir par un coup d’État en 2020, Assimi Goïta, soutenu par l’Africa Corps russe, a réaffirmé la volonté du Mali de renforcer sa souveraineté au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). Pourtant, cette vision ne fait pas l’unanimité parmi les opposants, dont les voix sont étouffées à l’intérieur du pays.

Une opposition en exil dénonce le bilan de la transition
Etienne Fakaba Sissoko, figure de l’opposition malienne et porte-parole de la Coalition des forces pour la République (CFR), menée par l’imam Dicko, a vivement critiqué le discours d’Assimi Goïta. Exilé hors du Mali, il représente une opposition organisée et déterminée. « Je regrette que le président de transition ait lié la fête de l’indépendance à son bilan », déclare-t-il. « On peut aimer son pays et soutenir ses soldats tout en exigeant des comptes à ceux qui ont accaparé le pouvoir. Les Maliens méritent des résultats concrets : sécurité, emploi, électricité et liberté. »
Un partenariat controversé avec la Russie sous le feu des critiques
Fakaba Sissoko n’épargne pas non plus la collaboration militaire avec la Russie, mise en avant par le régime. « Le discours d’Assimi Goïta a omis de mentionner le bilan de ce partenariat. Pourtant, les faits sont là : l’attaque de Dioura, il y a quelques jours, a coûté la vie à plus d’une centaine de soldats maliens et laissé plusieurs dizaines de prisonniers entre les mains du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim, lié à al-Qaïda). »
Un Mali en crise, selon l’opposant
Pour l’opposant, la situation du pays est alarmante. « Le Mali est en deuil. Jamais dans notre histoire, notre pays n’a connu un tel niveau de délabrement. Je ne peux pas célébrer cette fête en l’état, car le régime actuel ne rend pas honneur à notre nation. »
La Coalition des forces pour la République (CFR), qui regroupe des opposants politiques et de la société civile en exil, continue de porter ces revendications. Une mobilisation qui interroge sur l’avenir politique et sécuritaire du Mali au sein de l’AES.