Discours de Bassirou Diomaye Faye sur la démocratie au Sénégal

Discours de Bassirou Diomaye Faye : la démocratie, un héritage à préserver au Sénégal

Portrait officiel du président Bassirou Diomaye Faye lors d’un hommage à Abdoulaye Wade

Lors d’un hommage national rendu jeudi 4 juin à l’ancien président Abdoulaye Wade, centenaire depuis le 29 mai, Bassirou Diomaye Faye a livré un message fort sur la cohésion nationale. Dans un contexte politique marqué par des tensions avec son ancien Premier ministre Ousmane Sonko, le chef de l’État a rappelé une vérité intemporelle : la démocratie ne s’arrache pas, elle se transmet.

« Une querelle, aussi intense soit-elle, ne justifie pas de mettre à mal la nation qui nous unit », a déclaré Bassirou Diomaye Faye. Il a ajouté avec solennité : « La démocratie n’est pas un butin que l’on s’approprie pour le garder jalousement, mais une flamme que l’on se transmet de génération en génération. Il est de notre devoir de veiller à ce qu’elle ne s’éteigne jamais. »

Le président sénégalais, en limogeant Ousmane Sonko le 22 mai après des mois de désaccords profonds, a illustré cette philosophie. Les deux anciens alliés, qui ont marqué l’histoire politique récente du pays, incarnent désormais des visions opposées de l’avenir du Sénégal.

Un appel à la réconciliation sous le signe de Wade

Dans son discours, Bassirou Diomaye Faye a rendu hommage à Abdoulaye Wade, président du Sénégal de 2000 à 2012, en s’appuyant sur son héritage politique. « Vous nous avez appris qu’une dispute, si vive soit-elle, ne doit pas briser le pays qui nous est commun« , a-t-il souligné. « Vous nous avez enseigné que servir la jeunesse sénégalaise vaut bien mieux que de l’instrumentaliser. »

Les propos du président ont trouvé un écho particulier auprès de la foule présente au Grand Théâtre de Dakar. Plusieurs fois ovationné, notamment lors de ses allusions indirectes à la crise politique actuelle et à sa rupture avec Ousmane Sonko, Bassirou Diomaye Faye a su capter l’attention d’un public en quête de stabilité.

Il a poursuivi en citant Abdoulaye Wade : « L’adversaire d’aujourd’hui n’est pas un ennemi. C’est un compatriote dont la vision diffère de la nôtre. Une fois le débat terminé, il faudra continuer à partager la même maison : le Sénégal. » Il a conclu par une phrase forte : « On peut s’opposer sans se déchirer. »

Le président a également salué la capacité de l’ancien chef de l’État à « ne jamais désespérer du Sénégal, même face à ceux qui s’enferment dans l’amertume et la haine de l’autre ».