Denis Mukwege soutient la démarche de la RDC devant la CIJ et en appelle à la CPI
- Justice
Le Prix Nobel de la paix et figure politique majeure, Denis Mukwege, a vivement salué l’initiative de la République Démocratique du Congo de déposer une requête contre le Rwanda devant la Cour Internationale de Justice (CIJ). Dans une déclaration rendue publique, il a qualifié cette démarche de jalon essentiel dans la quête de vérité et de justice pour les innombrables victimes des conflits qui déchirent l’Est de la RDC.
Le docteur Mukwege a félicité les autorités congolaises pour cette action judiciaire, qu’il estime cruciale pour dénoncer les violations présumées du droit international imputées au Rwanda.
« Nous accueillons avec satisfaction le dépôt de la requête soumise à la Cour Internationale de Justice par le ministre de la Justice et garde des Sceaux de la RDC. Cette démarche met en lumière les violations du droit international et des droits humains perpétrées par le Rwanda, directement ou par l’intermédiaire de groupes armés sous son contrôle (AFDL, RCD, CNDP, M23/AFC) sur le territoire congolais, de 1996 à nos jours », a-t-il affirmé, réagissant à l’action du gouvernement de la RDC.
Tout en apportant son plein soutien à cette procédure devant la plus haute juridiction des Nations Unies, chargée de trancher les différends entre États, Denis Mukwege a souligné l’importance d’activer parallèlement d’autres mécanismes judiciaires. L’objectif est d’établir les responsabilités individuelles des auteurs présumés de crimes internationaux.
« En complément de cette procédure engagée devant la CIJ, nous continuons d’exhorter la Cour Pénale Internationale à intensifier ses enquêtes et ses poursuites. Il est impératif d’établir la responsabilité pénale individuelle des auteurs présumés de crimes relevant du Statut de Rome, en ciblant particulièrement les chaînes de commandement militaires et politiques », a insisté Denis Mukwege.
L’ancien candidat à la présidence a également lancé un appel aux États pour qu’ils appliquent le principe de la compétence universelle afin de poursuivre les individus soupçonnés d’avoir commis des crimes internationaux. Parallèlement, il a invité le gouvernement congolais à mettre en œuvre une stratégie nationale de justice transitionnelle.
« Enfin, nous appelons les États à exercer le principe de la compétence universelle et le gouvernement congolais à instaurer une stratégie nationale de justice transitionnelle. Celle-ci devrait inclure l’établissement d’un Tribunal pénal spécial pour le Congo, tel que proposé par le Rapport Mapping des Nations Unies », a ajouté l’ancien candidat à la présidence de la République.
Pour le Prix Nobel de la paix, la recherche et l’application de la justice demeurent un levier indispensable pour prévenir la récurrence des conflits et bâtir une paix durable en République Démocratique du Congo.
« Il y a une urgence manifeste à établir les liens étroits entre la prévention des conflits, la justice transitionnelle et la consolidation de la paix », a-t-il soutenu.
De son côté, le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, qui a officiellement déposé cette requête devant la Cour Internationale de Justice (CIJ) à La Haye, a exprimé la pleine confiance de la RDC envers cette juridiction. Il a réaffirmé la détermination du pays à faire prévaloir le droit sur la force, à obtenir justice pour les victimes des crimes commis sur son territoire et à œuvrer à l’établissement d’une paix juste, durable et fondée sur la responsabilité.
Depuis la résurgence de l’AFC/M23 et l’intensification de l’agression rwandaise dans l’Est de la RDC, les autorités congolaises ont clairement indiqué que leur riposte ne se limiterait pas aux volets militaire et diplomatique. Le président de la République, Félix Tshisekedi, a maintes fois exhorté le gouvernement à renforcer le front judiciaire international. L’objectif est d’obtenir réparation pour les préjudices subis, de poursuivre les auteurs présumés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, et de documenter systématiquement le pillage des ressources naturelles de la RDC.