Dakar 2026 : le Sénégal sous les projecteurs des jeux olympiques de la jeunesse
Un événement historique pour le Sénégal et l’Afrique
Avec moins de six mois avant l’ouverture des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) à Dakar, le Sénégal vit une période intense mêlant fierté nationale et pression internationale. Ces jeux, reportés à l’automne 2026 en raison de la pandémie de Covid-19, marqueront une première mondiale : le premier événement olympique organisé sur le sol africain.
Des préparatifs sous haute surveillance
Le ministre d’État Ahmadou al-Aminou Lo, chargé du suivi du pilotage et de l’évaluation de l’agenda national de transformation « Sénégal 2050 », supervise un comité de veille des JOJ. Ce comité, qui se réunit deux fois par mois, rassemble tous les acteurs étatiques, locaux et institutionnels impliqués dans l’organisation de l’événement. Son objectif ? « Lever tous les risques liés à la livraison des JOJ », comme il l’explique. « Les structures sénégalaises doivent être agiles et au rendez-vous à temps. Je suis l’assurance qualité de ces préparatifs. »
Les défis sont nombreux : sécurisation des sites, gestion des infrastructures, et surtout, propreté urbaine. Le ministre Lo a d’ailleurs lancé un plan ambitieux : « Notre première médaille sera celle de la propreté. Nous avons mis en place un plan de bataille pour faire ce que Kigali a réussi. » Une référence au Rwanda, souvent cité comme la ville la plus propre d’Afrique selon le classement 2025 de Jeune Afrique.
Un partenariat stratégique avec la France
Le Sénégal bénéficie d’un soutien actif de la France, notamment via l’Alliance Dioko, une convention signée en 2019 entre les comités d’organisation français (Paris 2024) et sénégalais (Cojoj). Ce partenariat permet un partage d’expertises et de bonnes pratiques, allant du recrutement des volontaires à la sécurisation des compétitions.
Christine Fages, ambassadrice de France au Sénégal, souligne l’importance de cette collaboration : « Dans le cadre du partenariat avec le Sénégal, une trentaine d’experts de Paris 2024 ont été intégrés dans l’équipe de Dakar 2026. » Elle rappelle également l’impact des Jeux Olympiques de Paris 2024 sur le tourisme et l’économie française : « Nous avons pu constater la force fédératrice d’un tel événement. »
Ce partenariat s’accompagne d’un soutien financier concret : un prêt souverain de 80 millions d’euros de l’Agence française de développement (AFD) a permis la rénovation du Stade Iba-Mar-Diop, du complexe Tour de l’Œuf (qui abrite la piscine olympique), et la construction de douze infrastructures sportives de proximité. Par ailleurs, 419 jeunes ont été formés dans la Learning Academy pour acquérir les compétences nécessaires à l’organisation d’événements sportifs internationaux.
Des infrastructures modernes et durables
Le complexe Tour de l’Œuf, situé dans le quartier Point E à Dakar, est en pleine rénovation. Les travaux, menés par Sogea-Satom (filiale africaine de Vinci), concernent notamment la nouvelle piscine olympique, qui doit accueillir les épreuves de basket 3×3, baseball, breaking et skateboard. « Les bassins bénéficient d’une technologie d’économie d’eau et d’énergie , précise un responsable du site. Un premier remplissage-test des trois bassins est prévu le 15 mai. »
Le Cojoj doit récupérer les clés des installations le 15 août, soit deux mois et demi avant le début des compétitions. Après les JOJ, le complexe sera transformé en espaces multisports ouverts au public : terrains de football, basket, handball et tennis.
Un héritage pour la jeunesse sénégalaise
Pour le ministre Lo, les JOJ ne se limitent pas à un événement ponctuel. Il voit dans ces jeux une opportunité de développement durable pour le Sénégal : « Nous voulons que les JOJ soient un élément déclencheur en matière d’héritage pour notre jeunesse. »
Avec une population où plus de la moitié a moins de 19 ans, le Sénégal mise sur le sport pour booster son économie, notamment via le secteur MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions). L’objectif ? Doubler la contribution du sport au PIB national, actuellement estimée à 15 millions d’euros. « La promotion de la haute compétition et la création de centres d’excellence sport-études font partie de notre agenda Sénégal 2050. »
Les chiffres clés des JOJ de Dakar 2026
- 2 700 jeunes athlètes internationaux âgés de 17 ans maximum au moment des Jeux.
- 25 sports de compétition et 10 sports d’engagement en démonstration.
- 153 épreuves au programme : 73 masculines, 73 féminines et 7 mixtes.
- 31 octobre au 13 novembre 2026 : dates officielles des Jeux.
Un défi environnemental et social
Au-delà des infrastructures, le Sénégal doit relever un autre défi : l’image du pays et de l’Afrique. Comme le rappelle le ministre Lo, « Il en va de l’image du Sénégal et de l’Afrique. C’est une double pression et une responsabilité : nous avons l’obligation de démontrer que nous sommes capables d’organiser des événements sportifs d’envergure mondiale. »
Les autorités sénégalaises ont conscience que l’événement doit aussi servir de levier pour améliorer la qualité de vie des habitants, notamment en matière de propreté et de gestion des déchets. Un plan « propreté urbaine » a été mis en place pour s’assurer que Dakar soit à la hauteur des attentes internationales.
Avec cette ambition, le Sénégal écrit une page majeure de son histoire sportive et se positionne comme un acteur clé du développement du sport en Afrique.