Crise politique au Sénégal : Sonko brandit la menace de dissolution gouvernementale
Le climat politique au Sénégal s’embrase davantage après les déclarations fracassantes d’Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale. Lors d’un rassemblement organisé dimanche à Touba pour l’inauguration des locaux du parti Pastef, il a lancé un avertissement sans ambiguïté au gouvernement d’Ahmadou Al Aminou Lô : « Nous ferons tomber ce gouvernement autant de fois que nécessaire ». Ces propos, qui confirment l’intensification des tensions entre les deux camps, ont été largement commentés par la presse nationale.
Selon Ousmane Sonko, l’exécutif cherche à remettre en cause des avancées majeures dans la gestion des ressources naturelles comme le pétrole, le gaz ou encore le phosphate. Pour lui, ces décisions « profiteraient uniquement à des intérêts étrangers » au détriment des intérêts nationaux. Face à cette situation, il a menacé d’utiliser la majorité parlementaire du Pastef pour déposer une motion de censure si le gouvernement persiste dans cette voie. Par ailleurs, il a évoqué une initiative législative portée par Guy Marius Sagna, visant à soumettre à l’Assemblée tous les futurs contrats d’exploitation des ressources stratégiques.
L’Assemblée nationale, nouvel épicentre des tensions politiques
Cette escalade s’appuie sur une réalité politique : le Pastef dispose d’une majorité solide à l’Assemblée nationale. Ousmane Sonko compte bien exploiter ce rapport de force pour renforcer le contrôle parlementaire sur les actions gouvernementales et empêcher ce qu’il qualifie de « cession illégitime » des richesses du pays. Ses déclarations marquent un tournant par rapport à ses prises de position du 3 juin, où il affirmait vouloir éviter toute censure malgré ses divergences avec le chef de l’État.
La situation s’est encore compliquée après l’invalidation, le 9 juillet, d’une réforme constitutionnelle soutenue par la majorité parlementaire mais rejetée par Bassirou Diomaye Faye. En brandissant la menace d’une motion de censure, Ousmane Sonko place désormais le Parlement au cœur de la confrontation avec l’exécutif. Cette stratégie pourrait affaiblir l’action gouvernementale et plonger le Sénégal dans une période de blocages institutionnels prolongés.