Crimes contre l’humanité au Burkina Faso : tous les camps responsables

Un rapport accablant révèle l’ampleur des violences au Burkina Faso

Le Burkina Faso traverse une crise humanitaire sans précédent depuis 2023. Selon un rapport détaillé, les forces armées burkinabè, leurs milices alliées ainsi qu’un groupe armé islamiste lié à Al-Qaïda ont tué plus de 1 800 civils et déplacé de force des dizaines de milliers de personnes. Ces actes constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, selon les investigations menées par des experts en droits humains.

Les principaux acteurs des violences

  • L’armée burkinabè et ses milices alliées (VDP) : responsables de massacres ciblant notamment les communautés peules, accusées de soutenir les groupes armés islamistes. Plus de 400 civils ont été exécutés lors d’opérations militaires dans le nord du pays.
  • Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM/JNIM) : ce groupe djihadiste, actif depuis 2016, a multiplié les attaques contre les civils, tuant des dizaines de personnes et assiégeant des villes entières, provoquant des famines et des maladies.
  • La junte militaire au pouvoir : sous la direction du président Ibrahim Traoré, elle a instauré une répression systématique contre l’opposition, les médias indépendants et les défenseurs des droits humains, aggravant l’opacité de la situation.

Des exactions documentées en détail

Les enquêteurs ont recensé 57 incidents majeurs impliquant les différentes parties au conflit. Parmi les massacres les plus marquants :

  • En décembre 2023, l’armée et les milices ont tué plus de 400 civils dans 16 villages près de Djibo lors de l’opération « Tchéfari 2 ». Une survivante raconte : « Mes deux filles sont mortes sur le coup. Mon fils de 9 mois et moi avons été grièvement blessés. Un milicien a crié :