Coups d’État en Afrique depuis 2020 : une chronologie des prises de pouvoir

Depuis 2020, l’Afrique a connu une vague de coups d’État qui ont marqué l’histoire récente du continent. Le Bénin en a été la dernière victime, où un groupe de militaires a tenté de s’emparer du pouvoir avant que les autorités ne déjouent cette tentative. Mais comment cette situation s’inscrit-elle dans un contexte plus large ?

Examinons ensemble la liste des coups d’État en Afrique depuis 2020, un phénomène qui s’intensifie en Afrique de l’Ouest et au-delà, avec des causes communes telles que des crises sécuritaires, des élections contestées et un mécontentement croissant de la population.

Mali : deux coups d’État en moins d’un an

Le Mali a été le théâtre de deux prises de pouvoir militaires en août 2020 et mai 2021. En 2020, des soldats se sont mutinés contre le président Ibrahim Keïta, accusé d’incompétence face aux groupes armés et de corruption. Le colonel Assimi Goïta a pris les rênes du pays, d’abord en partageant le pouvoir avec un président civil, puis en renversant ce dernier en 2021 pour s’installer à la tête de l’État.

Le Mali, le Burkina Faso et le Niger forment désormais un bloc dirigé par des juntes militaires, après leur retrait de la CEDEAO en signe de protestation contre les pressions pour un retour à la démocratie.

Tchad : une dynastie militaire qui se poursuit

En avril 2021, Mahamat Idriss Déby a pris le pouvoir au Tchad après la mort de son père, prolongeant ainsi des décennies de règne familial. En 2024, il a organisé une élection controversée, qualifiée de truquée par l’opposition, et intensifié la répression contre ses détracteurs, comme l’ancien Premier ministre Succès Masra, condamné à 20 ans de prison.

Guinée : la fin d’un règne contesté

En septembre 2021, Alpha Condé, au pouvoir depuis 11 ans, a été renversé par Mamady Doumbouya, qui a modifié la Constitution pour permettre aux militaires de se présenter aux élections. Doumbouya, désormais candidat à la présidentielle, cherche à légitimer son pouvoir après un référendum controversé.

Soudan : un coup d’État suivi d’une guerre dévastatrice

En octobre 2021, l’armée soudanaise, dirigée par Abdel-Fattah Burhan, a renversé Omar el-Béchir après 26 ans au pouvoir. Burhan a partagé le pouvoir avec Muhammad Dangalo (Hemetti), chef des Forces de soutien rapide. Leur rivalité a dégénéré en 2023, déclenchant une guerre toujours en cours.

Burkina Faso : deux coups en huit mois

Le Burkina Faso a subi deux coups d’État en 2022. D’abord, le lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba a renversé Roch Kaboré en janvier, puis le capitaine Ibrahim Traoré a pris le relais en septembre, invoquant l’échec de Damiba à sécuriser le pays. Traoré dirige toujours le pays après avoir dissous la commission électorale.

Niger : un coup d’État qui divise la région

En juillet 2023, le général Abdourahamane Tchiani a renversé le président démocratiquement élu Mohamed Bazoum, provoquant une crise au sein de la CEDEAO. Le Niger s’est allié au Burkina Faso et au Mali pour former l’Alliance des États du Sahel, en opposition aux pressions internationales.

Gabon : une dynastie familiale contestée

En août 2023, un groupe de soldats a renversé Ali Bongo, au pouvoir depuis 14 ans, après une élection controversée. Brice Oligui Nguema, cousin de Bongo, a pris les rênes du pays et a été élu président en avril 2025.

Madagascar : une crise politique liée aux pénuries

En octobre 2025, des manifestations contre les pénuries d’eau et d’électricité ont dégénéré en une prise de pouvoir militaire. Le président Andry Rajoelina, confronté à des pressions, a dissous son gouvernement sans céder au départ.

Guinée-Bissau : une élection contestée et un coup d’État

En novembre 2025, des militaires ont pris le pouvoir après une élection présidentielle litigieuse opposant le président sortant Umaro Sissoco Embaló et l’opposant Fernando Dias. Embaló a fui vers le Sénégal, tandis que la junte a nommé de nouveaux dirigeants.

Bénin : une tentative avortée en décembre 2025

Peu après le coup d’État en Guinée-Bissau, des soldats béninois ont tenté une prise de pouvoir en décembre 2025. Le Comité militaire pour la refondation, dirigé par le lieutenant-colonel Pascal Tigri, a annoncé la destitution du président Patrice Talon. Cependant, les forces armées ont rapidement déjoué cette tentative, réaffirmant leur engagement envers la République.