Côte d’Ivoire : une économie sobre en carbone pour lutter contre le changement climatique
Côte d’Ivoire : une économie sobre en carbone au cœur des engagements environnementaux
Abidjan — À l’occasion de la Journée mondiale de l’Environnement, célébrée chaque année sous un thème différent, la Côte d’Ivoire a réaffirmé son ambition de transformer son modèle économique en un système résilient, sobre en carbone et respectueux des écosystèmes. En 2026, le pays place l’« Air – Action pour le climat » au centre de ses priorités, un choix stratégique face aux défis climatiques qui s’intensifient.
Un engagement renforcé face à l’urgence climatique
Les autorités ivoiriennes ont rappelé, lors d’une déclaration officielle lue par le ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique, Abou Bamba, que la transition écologique n’est plus une option, mais une nécessité. Les impacts du réchauffement climatique se multiplient : sécheresses prolongées, élévation des températures, dégradation des sols arables, érosion des côtes et inondations chroniques menacent directement les moyens de subsistance des populations et la stabilité économique du pays.
Dans ce contexte, le gouvernement a souligné que la construction d’une économie verte est désormais un pilier central de sa politique de développement durable, aligné sur les engagements internationaux, notamment l’Accord de Paris.
Des réformes ambitieuses pour accélérer la transition
Pour concrétiser cette vision, plusieurs mesures phares ont été adoptées. Parmi elles, la nouvelle loi sur le Code de l’environnement, la loi dédiée à la lutte contre les changements climatiques, ainsi que la création de la Commission nationale de lutte contre les changements climatiques. Ces initiatives s’accompagnent d’un renforcement des évaluations environnementales et sociales, garantissant une approche intégrée et transparente.
Parallèlement, la Côte d’Ivoire finalise sa troisième génération de Contributions déterminées au niveau national (CDN), avec un objectif chiffré : réduire de 33,07 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2035, en route vers une neutralité carbone à long terme.
Abidjan, hub africain de la finance climatique
Un atout majeur a été mis en avant : l’installation du bureau régional Afrique du Fonds vert pour le climat à Abidjan. Cette décision positionne la Côte d’Ivoire comme un acteur clé dans le financement des projets climatiques en Afrique, renforçant ainsi sa capacité à attirer des investissements verts et à soutenir des initiatives durables.
Lutter contre la pollution atmosphérique : une priorité nationale
Le thème de cette année, axé sur la qualité de l’air, a conduit les autorités à déployer un réseau de capteurs de surveillance dans plusieurs zones urbaines et industrielles. Le Centre ivoirien anti-pollution (CIAPOL) intensifie également ses contrôles pour identifier et sanctionner les installations polluantes. Pourtant, comme l’a rappelé le ministre, la responsabilité écologique ne peut reposer uniquement sur l’État. Il a donc lancé un appel solennel aux citoyens, aux entreprises, aux collectivités locales et aux organisations de la société civile pour qu’ils adoptent des pratiques plus durables.
Un appel à l’action collective sous le slogan « soyons la solution, pas la pollution ! »
Pour mobiliser l’ensemble de la société, les autorités ont choisi un thème national percutant : « Soyons la solution, pas la pollution ! ». Ce message vise à sensibiliser chaque Ivoirien à l’importance de préserver les ressources naturelles et d’améliorer la qualité de vie des générations futures.
La transition écologique, un levier de croissance et d’emplois verts
Au-delà de la protection de l’environnement, la Côte d’Ivoire voit dans cette transition une opportunité économique majeure. Le développement des énergies renouvelables, des transports durables et de la construction verte ouvre la voie à la création d’emplois dans des secteurs innovants. Renforcer la sécurité alimentaire grâce à des pratiques agricoles durables figure également parmi les priorités, tout en répondant aux défis posés par les changements climatiques.
Comment signaler les infractions environnementales ?
Pour encourager la participation citoyenne, le gouvernement a mis en place un numéro vert dédié : le 1372. Les populations sont invitées à signaler toute infraction ou comportement nuisible à l’environnement. Cette initiative s’inscrit dans une démarche globale visant à bâtir une « grande nation », où prospérité rime avec préservation des écosystèmes et des ressources naturelles.