Côte d’Ivoire : l’agriculture, pilier économique malgré les défis persistants
La Côte d’Ivoire s’impose comme l’une des économies les plus florissantes d’Afrique de l’Ouest, avec un secteur agricole qui a longtemps été le moteur de sa croissance. À l’indépendance, l’agriculture représentait près de 50 % du PIB national. Aujourd’hui, bien que son poids se soit réduit à 15,9 % en 2024, elle continue de jouer un rôle clé dans l’économie ivoirienne. Elle emploie directement 46 % de la population active et contribue à plus de la moitié des exportations du pays (51,5 % en 2025), notamment grâce à des produits phares comme le cacao et la noix de cajou.
Cependant, ce secteur fait face à des défis majeurs. La pauvreté touche particulièrement les zones rurales, où elle atteint 54,4 %, contre une moyenne nationale de 37,5 %. Dans ces régions, l’emploi est majoritairement lié à l’agriculture, et près de 90 % des agriculteurs appartiennent au décile le plus pauvre du pays. La filière cacao illustre cette réalité : 60 % des producteurs vivent en dessous du seuil de pauvreté national.
Les cultures industrielles et de rente restent les piliers de l’agriculture ivoirienne. Le pays se classe premier producteur mondial de cacao et de noix de cajou, troisième producteur de caoutchouc naturel, et affiche des performances remarquables dans d’autres filières. Malgré ces succès, la Côte d’Ivoire reste dépendante des importations de céréales et de poissons, essentiels à l’alimentation des populations urbaines.
La production vivrière, quant à elle, souffre d’un manque de structuration. Elle repose en grande partie sur une économie informelle, limitant l’accès des producteurs au marché et freinant leur développement économique. Cette situation souligne la nécessité de réformes pour moderniser le secteur et améliorer les conditions de vie des agriculteurs.