Consultations politiques à Bujumbura pour apaiser la crise en RDC

Alors que la tension monte en République démocratique du Congo, plusieurs acteurs clés ont quitté Kinshasa pour se rendre à Bujumbura. Leur objectif : participer à des échanges diplomatiques organisés par Évariste Ndayishimiye, chef de l’État burundais et président en exercice de l’Union africaine. Ces discussions portent sur la crise politique, sécuritaire et institutionnelle qui secoue actuellement la RDC, quelques jours avant une marche prévue par l’opposition.

Des figures de l’opposition et des responsables religieux à Bujumbura

La délégation congolaise comprend des membres de la coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64), aux côtés de représentants de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), de l’Église du Christ au Congo (ECC) et de la Plateforme des confessions religieuses, incluant les Églises de Réveil. Ces acteurs, souvent perçus comme des médiateurs influents, ont été conviés pour des consultations politiques approfondies.

« Les responsables religieux, dont des prêtres et des pasteurs, sont présents. Ejiba Yamampia, représentant des Églises de Réveil, figure également parmi les participants, aux côtés de l’intégralité de la coalition C64. »

Le programme des rencontres prévoit d’abord des entretiens séparés avec les leaders religieux, suivis d’une audience avec les dirigeants de la C64. Une session collective réunissant tous les participants est ensuite prévue avec le président burundais, marquant l’importance de cette démarche.

Une condition non négociable : une audience collective pour la C64

La coalition d’opposition a clairement exprimé sa volonté d’être reçue en bloc. Cette exigence a été acceptée par les organisateurs, garantissant ainsi une représentation unifiée de l’opposition lors des échanges.

« Les membres de la C64 ne seront pas reçus séparément. Ils le seront tous ensemble, conformément à une de nos conditions essentielles. Cette approche a été validée par les organisateurs. »

Le report de la marche du 8 au 22 juillet

Ces consultations politiques en RDC ont conduit les leaders de la C64 à reporter leur manifestation initialement prévue le 8 juillet. Dans un communiqué commun, Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Delly Sesanga et Augustin Matata Ponyo ont justifié cette décision en invoquant un « esprit de responsabilité ». Ils ont souligné que toute initiative favorisant la préservation de l’ordre constitutionnel mérite d’être explorée.

La coalition a également indiqué vouloir utiliser ces échanges pour exposer, avec « clarté et fermeté », les préoccupations de la population congolaise. Ils mettront en lumière les risques perçus pour la démocratie et les institutions du pays, tout en réaffirmant leur attachement à la Constitution.

L’Union africaine mise sur le dialogue pour la stabilité de la RDC

Cette médiation s’inscrit dans la continuité de la visite d’État d’Évariste Ndayishimiye à Kinshasa, où il s’est entretenu avec Félix Tshisekedi. Les deux dirigeants ont insisté sur la nécessité de préserver la stabilité institutionnelle et l’unité nationale, face aux défis sécuritaires persistants dans l’est de la RDC.

Le président burundais, en sa qualité de président en exercice de l’Union africaine, a appelé les forces politiques et sociales congolaises à privilégier le dialogue plutôt que l’affrontement. Il a salué l’ouverture des autorités congolaises, tout en rappelant l’urgence d’une solution pacifique.

Une fois les consultations à Bujumbura achevées, tous les regards se tourneront vers le 22 juillet. Ce jour-là, la coalition C64 prévoit d’organiser une marche nationale pour défendre l’ordre constitutionnel et remettre un mémorandum au président Félix Tshisekedi.