Pourquoi la Caf a-t-elle retiré le titre au Sénégal au profit du Maroc ?

La finale de la coupe d’Afrique des nations (can) 2025, opposant le Sénégal au Maroc, a été marquée par des décisions arbitrales controversées. Le match, remporté 1-0 par le Sénégal après prolongations, a été entaché par une série d’incidents : un but refusé au Sénégal à la 92ème minute, un penalty accordé au Maroc à la 98ème, puis un retrait du terrain des joueurs sénégalais en signe de protestation. Ces événements ont plongé la compétition dans une atmosphère de doute sur son intégrité, avec des accusations de partialité envers l’équipe hôte.

Selon les règlements de la Caf, une équipe qui quitte prématurément le terrain sans autorisation de l’arbitre est considérée comme perdante et se voit infliger une défaite 3-0 par forfait. La Fédération royale marocaine de football (frmf) a saisi le Jury disciplinaire de la Caf, qui a donné raison au Maroc en mars 2026. Le Sénégal, estimant que cette décision était disproportionnée, a choisi de contester le verdict devant le Tribunal arbitral du sport (tas).

Quels sont les arguments juridiques du recours sénégalais ?

Le recours du Sénégal devant le tas s’appuie sur deux principaux axes : l’interprétation des articles 82 et 84 des Règlements de la can, et la remise en cause de l’autorité arbitrale.

D’une part, le Sénégal conteste la qualification de son retrait comme un « refus de jouer » ou un abandon. L’équipe argue que sa réaction était une protestation temporaire contre des décisions arbitrales contestées, et non un abandon définitif du match. D’autre part, le recours s’appuie sur les principes du droit de la fifa, selon lesquels l’arbitre est seul compétent pour évaluer la continuité d’un match en temps réel. Le Sénégal estime que le Jury d’appel de la Caf a outrepassé son rôle en requalifiant l’incident a posteriori.

Le tas devra donc trancher sur la conformité de la décision de la Caf avec les textes en vigueur, tout en tenant compte des lois du jeu fifa et des statuts de la Caf. Une victoire du Sénégal pourrait entraîner l’annulation de la sanction, tandis qu’un rejet confirmerait le titre marocain.

Quelles conséquences pour le football africain ?

Cette affaire dépasse le cadre sportif et interroge la gouvernance du football en Afrique. La Caf, déjà critiquée pour son manque de transparence, voit sa crédibilité ébranlée. Une décision du tas en faveur du Sénégal pourrait renforcer la confiance dans les instances africaines, tandis qu’un rejet risquerait d’alimenter les suspicions de partialité.

Pour les médias Sahel et les supporters, cette affaire rappelle l’importance d’un encadrement juridique clair et équitable. Elle pose aussi la question de l’équilibre entre le respect des règles et la défense des droits des équipes, surtout dans un contexte où les compétitions africaines sont de plus en plus scrutées.

En attendant la décision du tas, prévue pour les prochaines semaines, le football africain reste sous les projecteurs. Cette affaire pourrait servir de précédent pour les futures compétitions, notamment en matière de gestion des litiges et de transparence décisionnelle.