Le Cameroun vit sous haute tension sécuritaire. Un décret signé par le président Paul Biya, actuellement à l’étranger depuis plus de deux mois, vient de bouleverser la hiérarchie militaire. Quatre généraux ont été promus à des postes clés, renforçant ainsi le dispositif de protection du chef de l’État.
Parmi ces nominations, le général de division Ebaka Hypolite accède au grade de major-général des armées, tout en conservant ses fonctions au sein de l’armée de terre. À 73 ans, il reste le deuxième personnage militaire du pays, juste derrière le général René Claude Meka, chef d’état-major des armées.
Ces changements interviennent dans un contexte particulièrement sensible. L’absence prolongée du président Biya, parti le 7 juin pour un « court séjour privé en Europe », alimente les spéculations sur son état de santé et sa capacité à assurer ses fonctions à 93 ans, après 42 années au pouvoir.
Les autorités camerounaises démentent catégoriquement tout problème de santé et promettent un retour imminent du président. Pourtant, cette absence record alimente les critiques de l’opposition, qui dénonce un « vide institutionnel » et un pays « en pilotage automatique ».
Les Camerounais attendent toujours la formation d’un nouveau gouvernement et la nomination d’un vice-président, des promesses répétées depuis plusieurs mois mais jamais concrétisées.
