Burkina Faso : les violations des droits des Peuls au cœur des préoccupations internationales
Alors que la 45ème session du Conseil des droits de l’homme s’apprête à se conclure, un appel pressant est lancé par l’Organisation mondiale contre la torture et ses partenaires du Réseau SOS-Torture. Ils exhortent le rapporteur spécial sur les droits des peuples autochtones, ainsi que l’ensemble des membres du Conseil, à porter une attention particulière à la situation critique des populations peules au Burkina Faso. Ces communautés se retrouvent tragiquement prises au piège des opérations de lutte antiterroriste qui secouent la région du Sahel.
Depuis l’année 2016, les Peuls du Burkina Faso sont la cible de violations flagrantes de leurs droits fondamentaux, des actes qui, par leur gravité, peuvent être qualifiés de crimes internationaux. Dans certaines zones, l’ampleur des massacres suggère même des pratiques de nettoyage ethnique, compte tenu de leur caractère massif, généralisé et systématique.
Ces exactions incluent fréquemment des exécutions extrajudiciaires de milliers de civils. Elles sont perpétrées soit par les forces de sécurité, souvent appuyées par des groupes d’autodéfense bénéficiant du soutien de l’État, soit par des groupes armés non étatiques. Entre janvier 2019 et mai 2020, des centaines d’innocents ont ainsi été massacrés dans des localités telles que Yirgou, Kain Ouro, Banh, Barga, Djibo et Tawalbougou. Parallèlement, des milliers d’autres civils, dont de nombreux enfants, languissent dans des conditions inhumaines au sein de prisons comme celles de Kaya et de Loumbila. Ces détentions résultent d’arrestations arbitraires et de séquestrations au secret, privant les victimes de tout contact avec des magistrats ou des avocats. De surcroît, un climat de discrimination et de stigmatisation s’est installé, exacerbant l’insécurité alimentaire dont souffrent ces populations.
Malgré la publication de nombreux rapports et le dépôt de plaintes auprès des instances judiciaires, les autorités burkinabées n’ont pas encore pris les mesures nécessaires pour identifier et sanctionner les responsables de ces violations. Le Conseil des droits de l’homme est donc invité à recommander fermement au gouvernement du Burkina Faso de déployer toutes les actions sécuritaires et judiciaires requises afin de garantir un environnement protecteur pour ce groupe vulnérable.