Blocage des chantiers sino-congolais : le dédouanement en cause
Programme sino-congolais : des retards critiques liés aux blocages douaniers
Les infrastructures prévues dans le cadre du Programme sino-congolais en République Démocratique du Congo (RDC) subissent de plein fouet les conséquences des lenteurs administratives. Malgré les efforts conjugués des acteurs techniques, financiers et institutionnels, le dédouanement des matériaux et équipements nécessaires entrave significativement l’avancement des chantiers sur l’ensemble du territoire.
Lors d’un entretien récent avec le Ministre des Infrastructures, John Banza, le Directeur Général de l’Agence Congolaise des Grands Travaux (ACGT), Nico Nzau Nzau, a alerté sur les répercussions concrètes de ces blocages. Sans le bitume importé par la SISC SA et bloqué au port de Matadi depuis plus de six mois, malgré son exonération fiscale prévue par la loi, les travaux de revêtement routier auraient déjà progressé sur plusieurs axes stratégiques.
Les risques sont majeurs : ralentissement, voire arrêt pur et simple des chantiers, si l’Agence de Pilotage, de Coordination et de Suivi des Conventions (APCSC) ne parvient pas à débloquer la situation. Les demandes de prise en charge des fiscalités indirectes et les messages phoniques restent en souffrance depuis des mois, alors que le cadre légal (Loi n°14/005 de 2014 et Avenant n°5 de 2024) accorde des avantages spécifiques à ce programme.
Une caravane ministérielle pour évaluer l’état des chantiers
Depuis le 19 juin, le Ministre John Banza et sa délégation sillonnent le Grand Bandundu et d’autres provinces pour inspecter les avancées des projets financés par la SICOMINES. Les résultats sont globalement satisfaisants, comme en témoigne la modernisation de l’Hôpital Général de Référence de Kikwit : 17 nouveaux bâtiments construits et 11 autres rénovés, portant la capacité d’accueil de 150 à 650 lits, et la morgue de 9 à 90 places.
Cependant, la saison sèche, période propice aux travaux routiers, risque d’être compromise par ces blocages persistants. Les objectifs de livraison fixés par le Gouvernement pourraient ainsi être compromis, notamment pour des projets phares comme :
- Les Rocades Sud-Est et Sud-Ouest de Kinshasa
- La route Manterne – Tshela – Singini
- La route Kananga – Kalamba Mbuji
- La RN1 Mbujimayi – Nguba
- Le Stade d’Idiofa
- L’Hôpital Général de Référence de Kikwit
Des tonnes de matériaux immobilisés, des équipements paralysés
Les chiffres sont alarmants : près de 1 477 tonnes de bitume destinées aux Rocades de Kinshasa, au projet Matadi-Tshela-Singini et à la route Kananga – Kalamba Mbuji sont bloquées au Port de Matadi depuis janvier 2026. Par ailleurs, 1 650 tonnes de bitume pour la réhabilitation de la RN1 (tronçon Mbujimayi – Nguba) sont immobilisées dans le Grand Katanga.
Les conséquences s’étendent bien au-delà : équipements lourds, centrale à béton du Stade d’Idiofa, matériels de chantier, pièces de rechange et autres fournitures restent cloués aux postes douaniers, empêchant leur acheminement vers les sites. Sans intervention rapide, c’est tout le calendrier des travaux qui pourrait être bouleversé.
L’APCSC au cœur de la résolution de la crise
Pour éviter un ralentissement généralisé, l’intervention de l’APCSC est jugée indispensable. En tant qu’interface entre les parties prenantes, cette agence est spécifiquement chargée du dédouanement des projets liés au Programme sino-congolais. Son rôle devient critique dans un contexte où chaque jour de retard se traduit par des coûts supplémentaires et des retards pour la population.
Sans ces infrastructures modernes, les citoyens congolais ne pourront pas bénéficier des améliorations attendues en matière de transport, de santé ou d’accès aux services publics. La situation exige une mobilisation immédiate de tous les acteurs pour lever les blocages et permettre aux entreprises de reprendre pleinement leurs activités.