Bilan sécuritaire du Niger sous Tiani : forces et faiblesses depuis 2023
Le président du Niger, Abdourahamane Tiani, s’adresse aux Forces de défense et de sécurité du camp militaire de Diffa, le 20 novembre 2025. © CNSP

Dans la nuit du mercredi 28 au jeudi 29 janvier, une attaque d’une ampleur exceptionnelle a secoué le Niger. Des dizaines de combattants de l’Etat islamique dans le Grand Sahara (EIGS) ont pris pour cible l’aéroport international de Niamey ainsi que la base aérienne 101 adjacente. Ces assaillants ont endommagé des avions civils et détruit plusieurs appareils militaires.

une escalade des violences malgré le changement de régime

Le coup d’État de juillet 2023 qui a porté Abdourahamane Tiani à la tête du Niger a marqué un tournant politique majeur. Depuis cette transition, les défis en matière de sécurité n’ont cessé de s’intensifier, notamment dans la région du Sahel. Les groupes armés, dont l’EIGS, ont profité de cette période de transition pour renforcer leurs actions.

Cette attaque récente illustre la vulnérabilité persistante du pays face à la menace terroriste. Malgré les promesses de stabilisation formulées par les nouvelles autorités, les zones urbaines, autrefois considérées comme relativement sûres, sont désormais exposées à des risques accrus.

les zones les plus touchées par l’insécurité au Niger

Plusieurs régions du Niger subissent une insécurité chronique, aggravée par la présence de groupes jihadistes. Parmi les zones les plus affectées, on retrouve :

  • la région de Diffa : frontalière avec le Bénin, le Tchad et le Nigeria, cette zone est sous pression constante des attaques de l’EIGS et de Boko Haram.
  • la région de Tillabéri : située à l’ouest du pays, elle est régulièrement le théâtre d’affrontements entre les forces de sécurité et les groupes armés.
  • la région de Tahoua : cette zone, proche du Mali, est également fortement impactée par la propagation des violences.

Ces régions, autrefois dynamiques économiquement, voient leur développement entravé par l’insécurité persistante, poussant des milliers de personnes à quitter leurs foyers.

les mesures sécuritaires mises en place par Tiani

Depuis son arrivée au pouvoir, Abdourahamane Tiani a tenté de renforcer la lutte contre le terrorisme au Niger. Parmi les principales mesures adoptées, on peut citer :

  • le renforcement des effectifs des Forces armées nigériennes et des milices locales.
  • la coopération accrue avec les pays voisins, notamment le Mali et le Burkina Faso, pour une meilleure coordination régionale.
  • l’adoption de stratégies de contre-insurrection plus agressives, incluant des opérations militaires ciblées.

Cependant, malgré ces efforts, la menace terroriste reste omniprésente, et les attaques continuent de se multiplier, comme en témoigne l’attaque de l’aéroport de Niamey.

les défis à venir pour la sécurité du Niger

Le Niger fait face à une équation complexe : concilier stabilité politique et sécurité intérieure dans un contexte régional instable. Plusieurs enjeux majeurs se posent :

  • la lutte contre le financement des groupes armés : le trafic d’armes et d’autres activités illicites alimentent les violences.
  • l’amélioration de la gouvernance locale : la corruption et le manque de moyens dans les administrations locales affaiblissent la réponse sécuritaire.
  • la gestion des déplacés internes : des milliers de personnes ont été déplacées par les violences, nécessitant une aide humanitaire renforcée.

Face à ces défis, le gouvernement nigérien doit redoubler d’efforts pour restaurer la confiance des populations et assurer leur protection.

que retenir du bilan sécuritaire de Tiani ?

Le bilan sécuritaire d’Abdourahamane Tiani est contrasté. D’un côté, son régime a tenté de renforcer les capacités militaires et de promouvoir une coopération régionale. De l’autre, les attaques récentes, comme celle sur l’aéroport de Niamey, rappellent cruellement les limites de cette stratégie.

Pour inverser la tendance, une approche globale est nécessaire, combinant sécurité, développement économique et bonne gouvernance. Le Niger ne peut se permettre de rester sous la menace constante des groupes armés.