Bénin : une visite diplomatique historique au Niger pour apaiser les tensions

Le président élu du Bénin, Romuald Wadagni, a effectué ce mardi une visite éclair au Niger, marquant un premier contact officiel depuis l’arrivée au pouvoir de la junte militaire à Niamey en juillet 2023. Cette rencontre entre les deux dirigeants ouvre la voie à une possible normalisation des relations bilatérales, autrefois marquées par une forte tension diplomatique.

Dès son arrivée, Romuald Wadagni a été reçu par le général Abdourahamane Tiani, chef de l’État nigérien. Après une étape au Nigeria la veille, le président béninois a axé ses échanges sur la relance de la collaboration sécuritaire, un enjeu crucial pour les deux nations face à la menace jihadiste qui sévit dans la région.

Romuald Wadagni a quitté Niamey en début d’après-midi, avant de poursuivre sa tournée diplomatique vers le Burkina Faso.

Un geste fort en faveur de la réconciliation régionale

Cette initiative s’inscrit dans la volonté affichée par Romuald Wadagni de renforcer la diplomatie de voisinage avec les pays limitrophes du Bénin. Un rapprochement qui avait déjà été perceptible lors de sa cérémonie d’investiture à Cotonou, où le Premier ministre nigérien Ali Mahamane Lamine Zeine avait fait le déplacement.

Des relations complexes à reconstruire

Les tensions entre les deux pays s’étaient aggravées lorsque le général Tiani avait accusé, fin janvier, l’ancien président béninois Patrice Talon d’être un « sponsor » des groupes armés ayant attaqué l’aéroport de Niamey. Des allégations catégoriquement rejetées par les autorités de Cotonou. Pourtant, les deux nations continuent de subir les assauts meurtriers des groupes jihadistes, notamment dans les zones frontalières.

Parallèlement, des rumeurs persistantes évoquent une possible implication du Niger dans une tentative de coup d’État au Bénin en décembre 2025, bien que Niamey n’ait jamais été formellement désigné comme responsable par les autorités béninoises.