Bamako détruit le marché de faladiè et aggrave la crise des déplacés

Bamako détruit le marché de Faladiè : une catastrophe humanitaire pour les déplacés

La capitale malienne, Bamako, a rasé le marché à bétail de Faladiè, un site stratégique abritant également un camp de déplacés internes. Cette opération, menée sans solution de relogement immédiate, a plongé plus de 300 familles dans une précarité extrême, avec plus de 2 000 personnes désormais sans abri.

Marché à bétail de Faladiè à Bamako, Mali

Une mesure controversée aux conséquences dramatiques

Le garbal de Faladiè, marché à bétail historique de Bamako, a été entièrement détruit par les autorités maliennes le 19 avril 2025. Cette opération s’inscrit dans un contexte de mesures sécuritaires renforcées après les attaques djihadistes du Jnim contre des infrastructures militaires et civiles en septembre 2024. Les autorités suspectaient certains marchés de servir de caches ou de points de rencontre pour les groupes armés.

Cependant, ce site abritait aussi un camp de déplacés internes, majoritairement originaires des régions centrales du Mali, fuyant les violences intercommunautaires et les conflits armés. Parmi eux, des familles comme celle de Dado, une mère de famille originaire du cercle de Bankass, arrivée à Bamako en 2020.

  • Plus de 2 000 personnes se retrouvent sans abri, dont une majorité de femmes et d’enfants.
  • Le camp bénéficiait jusqu’alors d’un soutien humanitaire (nourriture, soins, abris) via des ONG locales et internationales.
  • Aucun plan de relogement immédiat n’a été proposé aux déplacés après la destruction.

Des familles en détresse : « On nous demande de partir, mais où aller ? »

Dado et sa famille font partie des centaines de ménages désormais à la rue. Leur récit illustre l’ampleur de la crise :

« Nous avons quitté notre village il y a six ans à cause de la guerre. Nous pensions être en sécurité ici. Aujourd’hui, on nous chasse sans alternative. Nous n’avons plus de toit, plus de nourriture, et les enfants sont en danger. »

Avant le déguerpissement forcé, les déplacés vivaient en récupérant des déchets et restes alimentaires, qu’ils revendaient aux éleveurs. Désormais, leur survie est menacée :

  • Accès limité à l’eau potable et à la nourriture.
  • Absence totale de structures sanitaires sur place.
  • Un site de relocalisation à Sanankoroba (à 35 km de Bamako) est jugé « non fonctionnel » par les déplacés et les acteurs locaux.
Camp de déplacés à Bamako, Mali

Une réponse étatique jugée insuffisante

Les autorités maliennes, contactées par les médias, ont indiqué qu’il était « trop tôt » pour évaluer la situation. Pourtant, des organisations humanitaires et des associations de déplacés dénoncent un manque de coordination et d’anticipation.

Le camp informel de Faladiè, créé en 2019, était sous la protection et l’accompagnement de structures comme la Direction nationale du développement social. Sa destruction brutale laisse présager une aggravation de la crise humanitaire au Mali, déjà fragilisé par des années de conflit et d’instabilité politique.

Que faire pour aider les déplacés de Bamako ?

Face à cette situation d’urgence, plusieurs pistes sont envisagées :

  • Reloger immédiatement les familles dans des structures temporaires ou des sites aménagés.
  • Renforcer l’aide alimentaire et médicale pour éviter une crise sanitaire.
  • Évaluer la viabilité du site de Sanankoroba ou trouver des alternatives urgentes.
  • Impliquer les acteurs humanitaires dans la gestion de cette crise pour une réponse coordonnée.

La crise humanitaire des déplacés au Mali s’aggrave, et Bamako doit agir rapidement pour éviter une catastrophe sociale et sanitaire.