Alliance d’Abuja : Côte d’Ivoire, Ghana, Nigeria et Cameroun créent un front commun pour la valorisation du cacao

L’essentiel

  • Alliance régionale : Quatre pays africains produisant les quatre pays africains produisant plus de soixante pour cent du cacao mondial signent la Déclaration d’Abuja ce 14 juillet 2026
  • Objectif : Passer de l’exportation de fèves brutes à la transformation locale de produits à valeur ajoutée
  • Règlement EUDR : Coordination commune face à la réglementation européenne sur la déforestation, applicable dès le 30 décembre 2026
  • Projet concret : Une usine de transformation de 70 000 tonnes prévue en 2027

La capitale nigériane a accueilli ce 14 juillet 2026 un sommet inédit. Le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Nigeria ont paraphé la Déclaration d’Abuja, créant l’Alliance pour la valorisation du cacao. Selon Pulse Ghana, ces quatre États produisent à eux seuls environ les les quatre pays africains produisant plus de soixante pour cent du cacao mondial. L’initiative marque une rupture : transformer localement plutôt qu’exporter des fèves brutes.

Un front commun face aux acheteurs internationaux

Le sommet « From Bean to Brand » – littéralement « de la fève à la marque » – a été organisé par le ministère nigérian de l’Industrie, du Commerce et de l’Investissement. Le ministre d’État John Owan Enoh a présidé les travaux, selon The Nation Online. L’objectif : harmoniser les normes de production, coordonner les politiques nationales et négocier en bloc avec les acheteurs internationaux, rapporte BusinessDay Nigeria.

Réponse coordonnée au règlement européen

L’alliance prévoit de coordonner une réponse commune face au Règlement de l’Union européenne sur la déforestation (EUDR), qui entrera en vigueur le 30 décembre 2026, selon Punch Nigeria. Ce texte impose aux importateurs européens de prouver la traçabilité des matières premières et leur non-contribution à la déforestation.

De la fève au produit fini

L’alliance vise à basculer du modèle actuel – exportation de fèves brutes – vers la transformation locale de produits à valeur ajoutée comme le beurre de cacao, la poudre ou le chocolat. Le sommet a présenté un projet d’usine de transformation de 70 000 tonnes à Sagamu, dans l’État d’Ogun au Nigeria, portée par Sunbeth Global Concepts et prévue pour 2027, selon BusinessDay Nigeria.

Contexte en Côte d’Ivoire

La Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao, avec environ 40 % de l’offre globale. Le Conseil du Café-Cacao ivoirien régule la filière depuis Abidjan. Le pays a déjà développé une capacité de transformation locale, mais la majeure partie des fèves part encore vers l’Europe et l’Asie pour y être broyées et transformées.

Prochaine étape

La mise en œuvre opérationnelle de l’alliance débutera dans les prochains mois, avec la création d’une structure de coordination entre les quatre pays. Le premier test sera la négociation coordonnée face au règlement européen, dont l’entrée en vigueur est fixée au 30 décembre 2026.