Alain Claude Bilie By Nze : une détention jugée illégitime par ses avocats
JUSTICE

Alain Claude Bilie By Nze : une détention jugée illégitime par ses avocats

Depuis le 15 avril, l’ancien Premier ministre gabonais Alain Claude Bilie By Nze croupit derrière les barreaux. Ses avocats dénoncent une procédure judiciaire bâclée, fondée sur un vieux litige financier remontant à 2008. Plus de trois mois d’incarcération pour un différend estimé à 7 600 euros.

Portrait d'Alain Claude Bilie By Nze dans un cadre judiciaire

Les défenseurs d’Alain Claude Bilie By Nze assurent que son arrestation, intervenue au début du printemps, s’appuie sur un dossier vide. Selon eux, l’affaire repose sur un contentieux privé vieux de seize ans, transformé en accusation d’escroquerie et d’abus de confiance. L’ancien chef du gouvernement, qui a dirigé le pays avant le coup d’État d’août 2023, avait tenté de contester les résultats de l’élection présidentielle remportée par le général Brice Oligui Nguema.

Des conditions de détention qualifiées d’inacceptables

Dans un communiqué, ses avocats révèlent que leur client est enfermé dans une cellule exiguë de cinq mètres carrés, privée de toute source de lumière. Ils évoquent également une période d’isolement de cent jours, présentée comme une mesure arbitraire. Pire encore : la défense n’aurait jamais eu accès au dossier judiciaire. Le juge en charge de l’affaire aurait même affirmé avoir perdu les pièces du procès. Une demande d’annulation de la procédure, déposée début juin, a été rejetée par la cour d’appel de Libreville. « Comment peut-on emprisonner un homme sans que ses avocats puissent consulter les éléments du dossier ? », s’indigne l’avocat Arthur Vercken. Cette affaire survient dans un contexte de profonde mutation politique, consécutif à la fin du règne de la famille Bongo après plus de cinq décennies au pouvoir. Le nouveau président, Brice Oligui Nguema, a été élu sous la promesse d’un retour à la démocratie, tandis que les institutions se réorganisent sous l’œil des observateurs.