Affaire Pascal Tigri : le Niger empêtré dans ses contradictions face à Niamey

Une mascarade frontalière qui s’effondre sous le poids des preuves

La tentative de putsch manquée au Bénin le 7 décembre 2025 continue de révéler ses zones d’ombre, et le Niger, loin d’être un simple spectateur, se retrouve au cœur d’un imbroglio aux relents de mensonge d’État. Le lieutenant-colonel Pascal Tigri, figure centrale de cette affaire, a disparu des radars, mais les faits, eux, parlent d’eux-mêmes. Les frontières nigériennes, soudainement entrouvertes la veille de l’opération, puis brutalement verrouillées après son échec, trahissent une logique bien plus trouble qu’un simple hasard.

Les experts, dont l’économiste français Olivier Vallée, ancien conseiller au Niger, n’hésitent plus à démentir la version officielle de Niamey. Selon lui, l’accueil de Pascal Tigri sur le sol nigérien est une réalité indéniable. « Il a d’abord trouvé refuge au Niger avant de disparaître vers d’autres destinations », affirme-t-il sans ambiguïté. Si l’expert exclut un soutien militaire formel du régime, les circonstances de son passage sur place soulèvent des questions autrement plus gênantes : comment expliquer cette synchronisation troublante entre l’ouverture des frontières et l’arrivée du fugitif ?

Un double jeu qui trahit une complicité de fait

Les anomalies dans la gestion des frontières ne sont pas anodines. Elles dessinent le contour d’une stratégie délibérée, où le territoire nigérien aurait servi de plateforme logistique pour organiser l’évasion de Pascal Tigri. La concomitance entre ces mouvements frontaliers et son passage éclaire une complicité locale, voire une protection discrète orchestrée depuis l’intérieur même du pays. Une réalité que le régime de Niamey tente désespérément de maquiller, mais que les faits rendent chaque jour plus évidente.

Diplomatie et hypocrisie : un rapprochement en trompe-l’œil

Pourtant, le Niger s’efforce de donner le change sur la scène internationale. Le 24 mai, la présence du Premier ministre nigérien, Ali Lamine Zeine, lors de l’investiture du président béninois Romuald Wadagni à Cotonou, était censée symboliser une volonté de réconciliation. Une mise en scène savamment orchestrée pour « tourner la page » des tensions passées. Mais derrière cette façade de normalisation se cache une vérité bien moins reluisante.

Pendant que les autorités béninoises offrent une prime de 20 millions de francs CFA pour la capture de Pascal Tigri, le Niger se retrouve pris à son propre piège. Les manœuvres frontalières suspectes et l’asile temporaire accordé au fugitif révèlent une duplicité flagrante. Ce double discours menace de faire voler en éclats le fragile rapprochement entre les deux pays, exposant au grand jour la fragilité des relations bilatérales.