Absence prolongée de Paul Biya : les incertitudes grandissent à Yaoundé
Quarante-neuf jours. C’est la durée que s’est écoulée depuis que Paul Biya, président du Cameroun, a quitté le territoire national pour un séjour privé en Europe. Un record qui égale sa précédente absence la plus longue en 2024, et qui alimente un climat de spéculation dans les cercles politiques et médiatiques de Yaoundé.
Parti le 7 juin sans donner suite à des engagements publics, le chef de l’État camerounais, âgé de 93 ans, n’a plus été aperçu en public depuis. Dans les rédactions locales, le temps semble suspendu, tandis que les questions sur son état de santé et la gestion des affaires de l’État s’intensifient.
Un séjour genevois qui rappelle celui de 2024
Selon les informations disponibles, Paul Biya se trouverait actuellement dans un hôtel de Genève, comme lors de son précédent séjour. Le gouvernement a tenté de calmer les rumeurs en démentant toute hospitalisation dans une clinique locale. Pourtant, aucune image ou vidéo récente ne vient étayer cette communication officielle.
Lors d’une émission télévisée diffusée dimanche sur Droit de Réponse, un militant du Rdpc, Lucien Bidima, a affirmé s’être rendu à l’hôtel InterContinental de Genève et avoir croisé un président « en pleine forme », actif et apparemment en bonne santé. Cependant, aucune preuve tangible, qu’il s’agisse d’une photo ou d’une vidéo, n’a été rendue publique pour confirmer cette rencontre. Une déclaration qui laisse sceptiques de nombreux observateurs.
Chantal Biya au cœur des spéculations et un vide institutionnel préoccupant
Cette fois, un élément nouveau attire l’attention : le rôle croissant de Chantal Biya. Plusieurs sources évoquent son implication accrue dans la gestion des dossiers de l’État, son nom étant même évoqué dans certaines nominations. Sa présence constante aux côtés de Paul Biya lors de ses déplacements en Suisse renforce l’idée que l’accès au pouvoir passerait désormais par elle.
Le Cameroun, dépourvu de vice-président, doit faire face à une situation constitutionnelle inédite. En cas de vacance du pouvoir, c’est le président du Sénat, Aboubakary Abdoulaye, qui devrait assurer l’intérim. Une disposition jamais testée dans ces circonstances, qui suscite des interrogations au sein de la classe politique et de la société civile.
Alors que le pays traverse une période de tensions depuis plusieurs mois, cette absence prolongée de Paul Biya ajoute une couche d’incertitude. Faut-il y voir le signe d’un tournant politique ou simplement une énième parenthèse dans un mandat déjà marqué par des questionnements récurrents ? Une chose est sûre : le silence officiel et l’absence de transparence ne contribuent pas à apaiser les esprits.